Mounir Laymouri a été placé en détention préventive et transféré à l’établissement pénitentiaire d’Assilah, tandis que deux nouveaux suspects, un chef d’entreprise et son comptable, ont été déférés dans l’enquête sur les bulletins de vote saisis le jour du scrutin.
Le parquet a reconstitué le déroulement de l’opération. Les suspects auraient utilisé une unité hôtelière pour cocher systématiquement le symbole d’une formation politique sur l’ensemble des bulletins soustraits. Le comptable aurait participé activement à ce marquage. Deux valises de bulletins avaient été récupérées aux bureaux de vote de l’école Al Qods, dans le quartier Casabarata à Tanger, et constituent la pièce centrale du dossier.
Deux éléments techniques ont fait avancer l’enquête. Les enquêteurs ont récupéré des images de vidéosurveillance de l’établissement hôtelier qui avaient été supprimées, et qui confirment la présence simultanée du chef d’entreprise, du comptable et de deux personnes déjà détenues. L’exploitation du téléphone de l’un des suspects a par ailleurs fait apparaître des appels échangés avec les prévenus incarcérés avant et pendant la journée de vote.
Les chefs retenus portent sur l’atteinte à l’intégrité des opérations de vote et la falsification de bulletins. Au moins quatre personnes sont détenues dans ce volet, qui s’ajoute aux cinq interpellations initiales, dont deux présidents de bureaux de vote et leurs adjoints. L’ensemble des personnes mises en cause a été placé en détention provisoire.
Le maire avait été interpellé lundi matin à l’aéroport Ibn Battouta à sa descente d’un vol en provenance de Malaga, en exécution d’un mandat de recherche national, puis placé en garde à vue sur décision du procureur général du Roi. Il conteste toute implication.
L’instruction se poursuit. Aucune juridiction n’a statué sur le fond et les personnes poursuivies bénéficient de la présomption d’innocence.
LNT