L’économie nationale a progressé de 4% au deuxième trimestre, contre 5,8% un an plus tôt, un ralentissement que masque la bonne tenue de l’agriculture et qui traduit en réalité un net coup de frein des activités non agricoles.
L’écart entre les deux moteurs est devenu considérable. La valeur ajoutée agricole bondit de 21,2%, après 8,3% au deuxième trimestre 2025, portée par une campagne céréalière favorable. Les activités non agricoles, qui représentent l’essentiel du produit intérieur brut, ralentissent au contraire de 4,9% à 1,5%.
Le secteur secondaire se contracte de 3,9%, après une progression de 5,8% un an plus tôt. Les industries extractives reculent de 28,6%, alors qu’elles avaient progressé de 13,7% sur la même période de 2025. Les industries de transformation cèdent 3,2%, contre une hausse de 4,3%. Le bâtiment et les services liés à l’énergie et à l’eau conservent une progression, mais à un rythme plus lent.
Le repli des industries extractives constitue le poste le plus déterminant du trimestre. Il renvoie à l’activité phosphatière et minière, dont les volumes et les prix dépendent de marchés internationaux aujourd’hui perturbés par le renchérissement des intrants, le soufre en particulier.
La croissance est restée tirée par la demande intérieure dans un contexte d’inflation maîtrisée, mais le Haut-Commissariat au plan relève une aggravation du besoin de financement de l’économie nationale, c’est-à-dire un écart croissant entre l’épargne disponible et l’investissement réalisé, comblé par le recours à l’extérieur.
Ces chiffres fixent le cadre dans lequel le gouvernement en formation devra arbitrer le projet de loi de finances 2027, dont le cadrage retient une croissance de 4,1% et un déficit ramené à 3% du produit intérieur brut.
LNT