La Russie prévoit de consacrer 17 100 milliards de roubles, soit environ 202,6 milliards de dollars, à sa défense l’an prochain, contre 13 500 milliards initialement budgétés, selon les documents budgétaires transmis à la Douma.
Ce montant constitue le plus élevé depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022 et porte à 50 000 milliards de roubles le total des dépenses de défense sur trois ans. Il représente environ 20,9% des dépenses fédérales totales, établies à 48 600 milliards de roubles.
L’effort intervient dans un cadre budgétaire tendu. La dette de l’État est projetée à 21,7% du produit intérieur brut en 2027, au-delà du seuil de 20% que le gouvernement s’était fixé. Le déficit a doublé par rapport aux estimations initiales, à 3,2% du produit intérieur brut. Les recettes attendues du pétrole et du gaz ont été revues à la baisse, de 8 900 à 7 600 milliards de roubles, et le volume d’emprunt augmente de 43%, à 7 700 milliards.
Pour financer l’écart, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures fiscales, dont une taxe sur les surprofits des groupes métallurgiques et miniers, attendue à environ 200 milliards de roubles par an. Le Fonds national de prospérité doit contribuer à hauteur d’environ 11% de ses réserves liquides à la réduction du déficit.
Cette trajectoire budgétaire indique une préparation à la durée plutôt qu’à une sortie de conflit rapide, à rebours des signaux diplomatiques envoyés ces dernières semaines, dont l’invitation adressée au président russe pour le sommet du G20 de décembre.
LNT