Les Suisses refusent de durcir leur neutralité

Par LNT
neutralité suisse

Plus de 70% des votants ont rejeté dimanche l’initiative populaire qui visait à inscrire dans la Constitution une neutralité stricte, interdisant notamment à la Confédération de s’associer à des sanctions internationales.

Le texte entendait constitutionnaliser une interprétation absolue du principe de neutralité, en fermant la possibilité pour Berne de reprendre les sanctions décidées par d’autres puissances, notamment celles adoptées par l’Union européenne contre la Russie depuis 2022. Cette reprise avait constitué une rupture dans la pratique suisse et nourri un débat interne sur la portée réelle d’un principe considéré comme indissociable de l’identité du pays.

Le rejet, par une marge inhabituellement large pour un objet touchant à la politique étrangère, valide la lecture défendue par les autorités fédérales, selon laquelle la neutralité porte sur l’abstention militaire et non sur l’indifférence économique ou diplomatique. Il laisse à la Confédération la latitude de continuer à s’aligner sur les régimes de sanctions internationaux.

Une seconde initiative, soumise le même jour et portant sur une réorientation de la production et de la consommation alimentaires vers les produits végétaux, a été rejetée par environ 72,5% des votants. Ses adversaires y voyaient une injonction au régime végétal, ses promoteurs une contribution à la transition agricole.

Le double rejet illustre la prudence habituelle du corps électoral suisse devant les initiatives populaires, dont la très grande majorité n’aboutit pas, et confirme que les inflexions de la politique étrangère helvétique continueront de se décider par la voie parlementaire et gouvernementale plutôt que par le texte constitutionnel.

LNT

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