Le poulet passe de 7 à plus de 20 dirhams

Par LNT
Aviculture poulet Volaille

Le prix de la volaille a triplé en quelques mois, le kilo dépassant 20 dirhams à la vente au détail, une flambée que les professionnels attribuent à la contraction de l’offre après l’effondrement des cours du printemps.

Au départ ferme, le kilo se négocie actuellement entre 16 et 17 dirhams, avec des pointes à 18 dirhams. À l’étal, le consommateur paie 21 à 22 dirhams. Quelques mois plus tôt, avant Aïd Al-Adha, les prix étaient tombés à 6 ou 7 dirhams le kilo au départ ferme, un niveau très inférieur au coût de revient.

C’est cet effondrement qui explique le retournement actuel. Les pertes enregistrées à cette période ont conduit de nombreux éleveurs à réduire ou à suspendre leur activité. Un responsable de la filière rappelle que certains producteurs avaient acheté des poussins à une dizaine de dirhams l’unité pour écouler ensuite leur production à 6 ou 7 dirhams le kilo. La réduction des mises en place se traduit mécaniquement, quelques mois plus tard, par une raréfaction de l’offre et une remontée des cours.

Les professionnels écartent deux explications souvent avancées. Le scrutin du 23 septembre ne serait qu’une coïncidence de calendrier sans lien de causalité. Quant à la demande liée aux cérémonies de mariage, son effet est estimé à environ 10% : en juillet et août, période de forte activité pour les salles de fêtes, les prix étaient descendus jusqu’à 11 dirhams le kilo.

La filière avicole marocaine fonctionne ainsi par cycles, l’alternance des phases de surproduction et de pénurie se reproduisant à intervalles réguliers en l’absence de mécanisme de régulation des mises en place. Les professionnels plaident pour un dispositif de prévision et un pilotage de la production de poussins qui permettrait de stabiliser les prix autour de 13 à 14 dirhams le kilo, niveau jugé compatible avec la couverture des coûts et le pouvoir d’achat des ménages.

L’enjeu est social autant qu’économique : la volaille constitue la principale source de protéines animales accessible aux ménages à revenu modeste, et son prix pèse directement sur l’indice des prix à la consommation.

LNT

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