Un rassemblement s’est tenu samedi devant le Parlement à Rabat pour réclamer la libération de jeunes incarcérés à la suite des manifestations de l’automne 2025, un an après le début du mouvement.
Les participantes demandent la remise en liberté de leurs fils et, plus largement, de l’ensemble des mineurs et jeunes majeurs détenus depuis cette période. Plusieurs centaines de personnes resteraient incarcérées, poursuivies pour des chefs allant de la rébellion armée à l’incitation à commettre des délits, en passant par la dégradation de biens et l’organisation de manifestations non autorisées. « Nous voulons que tous les enfants soient libres et puissent sortir au bout d’un an, cela suffit. Ils ont déjà perdu une année scolaire entière, et celle-ci également », a déclaré l’une des mères présentes.
Le mouvement, apparu à la fin de 2025 dans plusieurs villes, s’était constitué autour de revendications portant sur la santé, l’éducation, l’emploi et les services publics, avec une contestation de l’allocation des dépenses publiques à l’approche de la Coupe d’Afrique des nations organisée par le Royaume. Le taux de chômage des 15-24 ans, établi à 37% en 2025 pour un taux global de 13%, avait été l’un des ressorts de la mobilisation.
Des organisations et des familles ont fait état d’allégations de mauvais traitements en détention. Ces allégations n’ont pas fait l’objet de conclusions judiciaires publiques à ce jour et les autorités ne se sont pas exprimées publiquement sur le rassemblement de samedi.
Une grâce royale avait bénéficié en janvier à 1 386 personnes, mesure qui n’a pas épuisé le contentieux né des manifestations. Le sujet resurgit alors que s’ouvre la séquence de formation du prochain gouvernement, plusieurs formations ayant inscrit la question sociale et l’emploi des jeunes au premier rang de leurs engagements de campagne.
LNT