La semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a été marquée par une activité diplomatique soutenue du Maroc à New York. Diplomatie préventive, dialogue interculturel, coopération africaine, financement du développement et candidature au Conseil de sécurité pour 2028-2029 ont figuré parmi les principaux dossiers portés par la délégation marocaine. Nasser Bourita a également mis en avant les positions exprimées par plusieurs pays sur le dossier du Sahara au cours des rencontres organisées en marge de cette session.
Le Maroc entend renforcer son implication dans les mécanismes multilatéraux de prévention des crises et de gestion des grands enjeux internationaux. Cette orientation a constitué l’un des principaux axes défendus par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, lors de la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, organisée à New York.
Cette séquence intervient alors que le Royaume a présenté sa candidature à un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2028-2029. Dans son intervention au débat général, la délégation marocaine a présenté cette candidature comme s’inscrivant dans la continuité de l’engagement du pays en faveur de la paix, de la sécurité collective et du multilatéralisme.
Le 24 septembre, Nasser Bourita s’est également entretenu avec le président de la 81e session de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman. Selon le compte rendu officiel de l’ONU, les échanges ont notamment porté sur le renforcement de la coopération multilatérale, la consolidation de la paix, les opérations de maintien de la paix et la réforme des Nations Unies.
Lors de la Réunion de haut niveau du Groupe des Amis de l’Alliance des civilisations des Nations Unies, le Maroc a notamment appelé à renforcer la dimension préventive de l’action multilatérale, dans un contexte marqué par la polarisation internationale, les replis identitaires et la diffusion des discours de haine.
Nasser Bourita a défendu le rôle de l’Alliance des civilisations comme espace réunissant gouvernements, organisations internationales, société civile, jeunes, femmes et acteurs religieux autour du dialogue et de la coexistence pacifique.
Cette approche, a-t-il indiqué, s’inscrit dans la vision portée par le Maroc en matière de diplomatie préventive, avec une attention accordée aux causes profondes des crises et aux interactions entre paix, sécurité et développement.
Le ministre a notamment appelé à faire du prochain Plan d’action 2027-2031 de l’Alliance une étape permettant de passer davantage du dialogue à des initiatives concrètes. Parmi les priorités évoquées figurent la diplomatie préventive, la « résilience informationnelle », la participation des jeunes et une implication accrue des femmes dans les processus de paix.
Cette intervention s’inscrit dans une semaine consacrée plus largement aux enjeux de coopération internationale. La 81e session de l’Assemblée générale, ouverte en septembre, se tient sous le thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies qui agit pour tous ».
La présence marocaine à New York a également permis de mettre en avant la candidature du Royaume à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2028-2029.
Nasser Bourita a estimé que cette candidature reflétait la volonté du Maroc de poursuivre son engagement sur les questions internationales et régionales. Les élections pour les sièges concernés doivent avoir lieu en juin 2027.
Le ministre a cité plusieurs domaines dans lesquels le Royaume entend poursuivre son action, notamment le changement climatique, le développement, la lutte contre le terrorisme et les questions de sécurité régionale.
Parmi les initiatives mises en avant figure également la Convention africaine sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration des enfants soldats, dont la phase de signature a été ouverte pendant la semaine onusienne.
Le Maroc a également participé aux discussions concernant le Processus des États africains atlantiques (PEAA). Sa huitième réunion ministérielle s’est tenue à New York, avec plusieurs rendez-vous annoncés pour poursuivre les travaux sectoriels.
Le Gabon devrait ainsi accueillir une réunion consacrée à la pêche dans l’espace atlantique africain, tandis que Cabo Verde doit organiser un atelier portant sur la sécurité maritime. Le Maroc accueillera pour sa part la neuvième réunion ministérielle du Processus.
L’activité marocaine à l’Assemblée générale a également concerné le financement du développement.
Le Royaume et le Programme des Nations Unies pour le développement ont coorganisé une réunion consacrée aux partenariats entre secteurs public et privé sous le thème « Financer l’avenir : partenariats entre acteurs publics et privés pour investir dans le développement ».
Cette orientation complète les positions défendues par le Maroc lors de la réunion de haut niveau organisée le 23 septembre à l’occasion du 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement. Cette réunion figurait parmi les rendez-vous officiels de la semaine de haut niveau de la 81e session.
Le Maroc a également participé aux initiatives portant sur la lutte contre les discours de haine et la promotion du dialogue interreligieux et interculturel, un autre volet de sa diplomatie multilatérale mis en avant au cours de la semaine.
Le dossier du Sahara a parallèlement occupé une place importante dans les rencontres bilatérales menées par la délégation marocaine.
Selon Nasser Bourita, plusieurs pays de différentes régions ont exprimé ou réaffirmé durant la semaine leur soutien à la position marocaine ou à la proposition d’autonomie présentée par Rabat.
Parmi les évolutions citées par le ministre figure celle du Chili. Dans un communiqué conjoint officiel publié le 21 septembre, le ministère chilien des Affaires étrangères a indiqué que Santiago soutient la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, y compris la région du Sahara, et considère la proposition d’autonomie présentée par le Maroc en 2007 comme une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable ». Le Chili a également annoncé vouloir promouvoir des possibilités de coopération économique et commerciale dans la région.
Bourita a également cité le Pérou, la Bolivie et le Panama parmi les États ayant exprimé ou réaffirmé des positions favorables à l’approche marocaine au cours de la semaine.
Selon le ministre, la République de Maurice considère désormais l’autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution « la plus crédible » au différend. La Jamaïque a, de son côté, indiqué qu’une autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer l’une des solutions les plus réalisables.
L’Arménie a également été citée par Bourita parmi les pays ayant exprimé leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie.
Le ministre a présenté ces différentes évolutions comme le prolongement, au niveau multilatéral, des positions enregistrées ces dernières années dans les relations bilatérales du Royaume. Ces déclarations interviennent à quelques semaines de nouvelles discussions du Conseil de sécurité consacrées au dossier.
Au-delà des différents dossiers abordés, la semaine new-yorkaise a permis au Maroc de mettre en avant une approche articulant action multilatérale, coopération africaine et initiatives thématiques.
Cette orientation couvre des domaines allant de la prévention des conflits à la sécurité maritime, en passant par le développement, le dialogue interculturel et la lutte contre les discours de haine.
Elle accompagne désormais la campagne du Royaume pour son retour au Conseil de sécurité en 2028-2029. Le Maroc présente cette candidature comme la continuité de son engagement dans les trois grands champs d’action des Nations Unies : la paix et la sécurité, le développement et l’État de droit.
LNT
