L’Intérieur veut une plateforme unique pour suivre les SRM

Par LNT
SRM

Le ministère de l’Intérieur prépare un outil décisionnel national destiné à piloter les douze sociétés régionales multiservices, financé par un don de l’Agence française de développement mobilisant des fonds européens délégués.

Le projet porte sur une plateforme qui agrégera les données issues des progiciels de gestion intégrée et des systèmes informatiques déjà déployés dans les sociétés régionales, pour en tirer des indicateurs de performance homogènes. Trois familles d’indicateurs sont visées : la qualité de service rendu à l’usager, l’efficacité opérationnelle et l’état des réseaux. L’outil doit produire des tableaux de bord interactifs, des rapports détaillés et des analyses prédictives, avec une actualisation en temps réel.

La maîtrise d’ouvrage déléguée est confiée à la Société de développement des services publics de distribution, et un appel à manifestation d’intérêt international a été lancé pour l’assistance technique. Le financement repose sur un don de l’Agence française de développement adossé à des fonds européens délégués. Le budget de l’opération et son calendrier précis n’ont pas été rendus publics.

L’enjeu porte sur un périmètre considérable. Les sociétés régionales multiservices, créées par décrets approuvés le 1er février 2024 et publiés au Bulletin officiel, reprennent la distribution d’eau potable et d’électricité ainsi que l’assainissement liquide, jusque-là assurés par les régies autonomes et par des contrats de gestion déléguée. Douze structures, une par région, ont été mises en place en trois vagues étalées sur dix-huit mois, de l’Oriental, Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Souss-Massa jusqu’à Dakhla-Oued Eddahab.

Leur capital est réparti selon une clé identique : 25% pour l’État, 50% pour les collectivités territoriales ou leurs groupements et 25% pour l’Office national de l’électricité et de l’eau potable. Les capitaux initiaux s’échelonnent de 100 à 300 millions de dirhams selon la taille de la région.

Le besoin d’un pilotage centralisé tient à l’ampleur des investissements attendus. Les sociétés régionales doivent mobiliser jusqu’à 78 milliards de dirhams pour la modernisation des réseaux de distribution d’eau potable et l’extension des raccordements électriques, dans un contexte de stress hydrique durable où les pertes en réseau constituent l’un des principaux gisements d’économie d’eau.

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