Abdelali Benamour, fondateur de HEM, n’est plus

Par LNT
Abdelali Benamour HEM

L’économiste, universitaire et ancien président du Conseil de la concurrence est mort le 24 septembre à l’âge de 85 ans, laissant derrière lui une école de management, une revue de sciences sociales et une décennie passée à tenter de donner des dents au régulateur des marchés.

Né le 10 septembre 1941, Abdelali Benamour appartenait à la génération d’économistes formés en Europe au lendemain de l’indépendance. Docteur en sciences économiques de la Sorbonne en 1968, il enseigne à l’université Mohammed V de Rabat puis à l’université Hassan II de Casablanca, et prend la direction de l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises au moment où le Royaume se dote de ses premières grandes écoles spécialisées.

Son nom reste d’abord attaché à HEM, l’établissement privé de management qu’il fonde en 1988 et qui essaimera dans plusieurs villes du Royaume. L’école introduit dans le paysage marocain un modèle jusque-là marginal, celui de l’enseignement supérieur privé de gestion adossé à une activité de recherche. Le centre de recherche qui lui est rattaché donnera naissance à la revue Economia, l’une des rares publications marocaines à avoir tenté d’installer durablement un débat académique francophone sur l’économie et la société.

Le parcours comporte aussi une séquence politique. Élu député de Casablanca sous les couleurs de l’Union socialiste des forces populaires, il siège au Parlement de 1976 à 1981, à une période où l’opposition de gauche dispose d’un espace institutionnel étroit. Il siégera plus tard au conseil de Bank Al-Maghrib et au Conseil consultatif des droits de l’Homme.

C’est en 2008 qu’il est appelé à la présidence du Conseil de la concurrence. L’institution existe alors depuis plusieurs années mais ne dispose que d’un pouvoir consultatif. Benamour y conduit un plaidoyer continu pour la transformation du Conseil en autorité dotée de prérogatives d’investigation et de sanction, principe finalement consacré par la Constitution de 2011 puis par les lois adoptées en 2014. Il quitte ses fonctions en novembre 2018, lors d’une passation de pouvoirs avec Driss Guerraoui, après une longue période pendant laquelle l’institution est restée privée de collège et donc incapable de statuer.

Sa disparition intervient alors que le débat sur le contrôle des concentrations, les ententes et la formation des prix occupe une place croissante dans la discussion économique marocaine, sur des dossiers allant de la distribution de carburants aux marchés agricoles.

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