Législatives 2026 : Un scrutin jugé normal, malgré 279 cas de guidage

Par LNT
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Crédits photo : Ahmed Boussarhane/LNT.

Un réseau de 78 organisations de la société civile, qui a déployé 1 455 observateurs lors du scrutin du 23 septembre, fait état de 59 cas suspects de corruption ou d’incitation financière visant des électeurs et de 279 cas de guidage du vote.

Le guidage, qui consiste à orienter l’électeur vers un candidat déterminé à l’intérieur ou aux abords du bureau, constitue l’irrégularité la plus fréquemment relevée. Elle a été observée dans 6% des 4 645 bureaux de vote couverts. Dans environ 28% des bureaux observés, les électeurs n’ont pas choisi eux-mêmes leur bulletin, pratique qui ouvre la voie à des manipulations.

Le rapport recense par ailleurs 53 cas d’utilisation de moyens publics à des fins de campagne, 40 refus d’accès opposés à des observateurs et 66 cas de contenus électoraux falsifiés ou générés par intelligence artificielle. Sur le terrain numérique, une formation aurait dépensé 150 000 dollars en publicités sur une seule plateforme, montant supérieur au total cumulé de ses concurrents. Enfin, 27% des bureaux de vote demeuraient inaccessibles aux personnes en situation de handicap.

Le réseau relève ce qu’il qualifie de neutralité passive de l’administration, en dépit des circulaires du ministère de l’Intérieur prohibant l’usage de moyens publics durant la campagne.

Le Conseil national des droits de l’Homme a pour sa part qualifié le scrutin de globalement normal, tout en réservant son appréciation sur les incidents survenus à Tanger, où une enquête est attendue. Il a examiné plus de 2 030 publications en ligne comportant un contenu religieux, dont des vidéos affirmant que certains partis combattraient l’islam ou liant le choix électoral au jugement divin. Il relève 44 cas de symbolique religieuse explicite en campagne et 6 cas de propagande électorale à l’intérieur de lieux de culte, y compris l’usage de haut-parleurs de mosquées.

Le cadre juridique interdit l’usage du religieux dans la compétition électorale. Ces constats devraient nourrir les recours devant la Cour constitutionnelle, seule compétente pour statuer sur la régularité de l’élection des députés.

LNT

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