Safaa Erruas présente « Habiter l’interstice », une exposition individuelle à la galerie L’Atelier 21 à Casablanca. L’artiste y poursuit sa réflexion sur la traversée, la frontière et les espaces de passage, en prenant le détroit comme point de départ. Ces territoires, à la fois géographiques et intérieurs, deviennent des espaces à habiter, entre accueil et hostilité, et constituent ce qu’elle appelle « l’interstice ».
Pour cette nouvelle série, Safaa Erruas s’appuie sur des matériaux qu’elle utilise régulièrement : papier, coton, épingles, aiguilles, fibre de verre et fil métallique. Ses œuvres jouent sur les rapports entre le vide et le plein, l’ombre et la lumière, l’accumulation et l’évidement. Parallélépipèdes, rubans de papier, lignes entrelacées et quadrillages composent un ensemble où la matière et les espaces laissés vides occupent une place aussi importante.
Dans le catalogue de l’exposition, le critique d’art Olivier Rachet décrit ces œuvres comme des « cartographies de l’intime », évoquant « un fil ténu » reliant les bras de mer et les continents, à l’image des lignes invisibles qui traversent les êtres.
Née en 1976 à Tétouan, Safaa Erruas est diplômée de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan en 1998. Son travail, principalement constitué d’œuvres sur papier et d’installations, se distingue par l’usage du blanc et par le détournement de matériaux tels que les épingles, les aiguilles, les lames de rasoir ou la gaze de coton. Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques et privées au Maroc et à l’étranger.