BKGR : Attijariwafa bank profite de l’accélération du cycle d’investissement au Maroc

Par LNT
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Porté par l’accélération de l’investissement au Maroc, Attijariwafa bank affiche une progression soutenue de ses financements aux entreprises et à l’équipement. Dans une note publiée le 24 septembre, BMCE Capital Global Research (BKGR) relève notamment une hausse de 36% des crédits à l’équipement au premier semestre 2026 et anticipe la poursuite de cette dynamique, soutenue par les grands projets d’infrastructures, les énergies renouvelables et les industries exportatrices. Le bureau de recherche relève parallèlement une amélioration du profil de risque du groupe et identifie l’international ainsi que le nouveau plan stratégique « GOAL 2030 » parmi ses principaux relais de croissance.

Attijariwafa bank apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires de l’accélération du cycle d’investissement actuellement observée au Maroc. Selon une analyse de BMCE Capital Global Research, le groupe bancaire a enregistré au premier semestre 2026 une progression de 36% de ses crédits à l’équipement, à 142 milliards de dirhams, tandis que les financements accordés aux entreprises ont augmenté de 14%, pour atteindre 227 milliards de dirhams.

Cette évolution intervient dans un contexte de forte progression du crédit à l’investissement. À fin juin, les crédits à l’équipement du secteur bancaire marocain atteignaient 344,2 milliards de dirhams, en hausse de 32,3% sur un an. Attijariwafa bank affiche ainsi sur ce segment un rythme de progression supérieur à celui du marché. BKGR rappelle également que le groupe avait capté 53% de la production de nouveaux crédits à l’équipement en 2025.

Les grands investissements comme moteur du crédit

Pour le bureau de recherche, cette dynamique devrait se prolonger au cours des prochains exercices. Les projets d’infrastructures liés notamment à la Coupe du monde, les investissements dans les énergies renouvelables et le développement des industries exportatrices, parmi lesquelles l’aéronautique et les véhicules électriques, devraient continuer à alimenter la demande de financement.

BKGR prévoit ainsi que l’encours net de crédits du groupe atteindra 481,5 milliards de dirhams en 2026, en progression de 7,5%, puis 515,2 milliards en 2027, soit une nouvelle hausse de 7%. Le segment Corporate devrait rester le principal contributeur à cette évolution.

La collecte évolue également à la hausse. Les dépôts consolidés ont atteint 553,8 milliards de dirhams à fin juin 2026, dont près de 74% sous forme de ressources non rémunérées. Dans un environnement marqué par un taux directeur maintenu à 2,25%, cette structure contribue à contenir le coût de refinancement du groupe. Les dépôts devraient, selon les projections de BKGR, atteindre 569,4 milliards de dirhams en 2026 puis 609,3 milliards en 2027.

Un PNB attendu à 37,1 milliards de dirhams en 2026

Au premier semestre, le produit net bancaire consolidé s’est établi à 18,4 milliards de dirhams, en progression de 4%. Cette évolution a été principalement portée par la marge d’intérêt, en hausse de 8,2% à 11,2 milliards de dirhams, et par les commissions, qui progressent de 3,6% à 3,6 milliards. Le résultat des activités de marché s’est, en revanche, contracté de 3,2%, à 2,9 milliards de dirhams.

BKGR table sur une accélération du PNB à 37,1 milliards de dirhams sur l’ensemble de 2026, puis à 39,2 milliards en 2027. La marge d’intérêt devrait continuer à représenter près de 61% des revenus du groupe.

La progression de l’activité s’accompagne toutefois d’une hausse des charges d’exploitation, qui ont augmenté de 8,4% au premier semestre, à 6,8 milliards de dirhams. Le coefficient d’exploitation s’est ainsi établi à 36,8%, contre 35,3% un an auparavant. BKGR associe notamment l’évolution future des charges aux investissements technologiques et à la montée en puissance de « SIMPLE ».

Une amélioration du profil de risque

La croissance du crédit ne s’est, jusqu’ici, pas accompagnée d’une détérioration des indicateurs de risque. Le coût du risque consolidé a reculé de 11,2% au premier semestre, à 1,2 milliard de dirhams. Les créances en souffrance ont parallèlement diminué de 0,8%, à 21,3 milliards de dirhams sur base sociale.

Le taux de contentieux est ainsi revenu à 6,6%, contre 7% à fin 2025, tandis que le taux de couverture s’est amélioré à 69,4%. À titre de comparaison, BKGR relève un taux de contentieux de 8,1% pour l’ensemble du secteur bancaire.

Le résultat net part du groupe (RNPG) s’est établi à 5,94 milliards de dirhams au premier semestre, en progression limitée de 1,1%. Pour l’ensemble de l’exercice, BKGR anticipe un RNPG de 11,6 milliards de dirhams, en hausse de 9,1%, avant 12,5 milliards en 2027.

L’Afrique reste un relais de développement

L’activité internationale constitue un autre axe important. La banque de détail à l’international a généré 6,1 milliards de dirhams de PNB et 1,8 milliard de dirhams de RNPG au premier semestre. Elle représente ainsi 33,4% du PNB consolidé et 29,8% du résultat net part du groupe, alors qu’elle ne pèse que 23,8% du bilan consolidé.

Les trajectoires diffèrent toutefois selon les marchés. Le management anticipe une croissance de la distribution de crédit supérieure à 30% en monnaie locale en Égypte, comprise entre 7% et 8% en Afrique de l’Ouest et proche de 5% en Tunisie. BKGR estime par ailleurs qu’une reprise de la croissance externe pourrait être envisagée au cours des prochaines années, en citant notamment l’Afrique de l’Est comme potentiel relais géographique.

« GOAL 2030 » mise sur le digital et de nouveaux revenus

Le nouveau plan « GOAL 2030 » doit ouvrir une autre phase dans le développement du groupe après le dépassement de plusieurs objectifs du précédent plan stratégique. En 2025, le total bilan avait atteint 795,9 milliards de dirhams, soit 109% de l’objectif fixé, tandis que le PNB, à 34,9 milliards, représentait 116% de la cible.

La digitalisation constitue l’un des principaux leviers du nouveau cycle. Au premier semestre 2026, 94,9% des transactions ont été réalisées via les canaux digitaux, contre 74,2% en 2019. Dans le même temps, le nombre de connexions aux plateformes numériques est passé de 71,5 millions à 181,5 millions.

Dans ce contexte, BKGR considère que la croissance future devrait davantage reposer sur la monétisation de cette base de clientèle, notamment à travers les paiements digitaux, la finance embarquée et le renforcement des métiers transactionnels. La note cite notamment le lancement de « SIMPLE », présenté comme une néobanque sous forme de « Super App » réunissant paiement, épargne, investissement et services du quotidien.

Sur le plan financier, le groupe dispose également de marges de manœuvre en matière de solvabilité. Son ratio Tier 1 consolidé s’établissait à 12% au premier semestre, contre un minimum réglementaire de 9%, tandis que le ratio de liquidité LCR atteignait 180%. Ces niveaux devraient également lui permettre d’aborder le durcissement du cadre prudentiel attendu à partir de 2027 avec des marges de fonds propres, selon l’analyse de BKGR.

Dans sa note, BMCE Capital Global Research a relevé son objectif de cours sur Attijariwafa bank de 910 à 932 dirhams. Ce niveau est à comparer à un cours de 691,1 dirhams à la clôture du 23 septembre 2026.

LNT

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