La chute du Rassemblement national des indépendants, de 102 à 66 sièges, intervient huit mois après le retrait d’Aziz Akhannouch de la présidence du parti, séquence qui éclaire sans l’expliquer entièrement l’ampleur du recul.
Le chef du gouvernement sortant avait annoncé le 11 janvier qu’il ne briguerait pas un troisième mandat à la tête de la formation, décision qui avait surpris jusque dans son entourage, le congrès ordinaire étant programmé pour avril. Un congrès extraordinaire avancé au 7 février avait désigné Mohamed Chouki, député et ancien président de la commission des finances, seul candidat en lice.
Ce choix répondait à une logique de compétence gestionnaire plutôt que d’appareil. Il privait cependant le parti, à huit mois du scrutin, de la figure qui incarnait son bilan gouvernemental, tout en laissant M. Akhannouch à la tête de l’exécutif jusqu’au terme de la législature. Cette dissociation entre la direction du parti et celle du gouvernement a compliqué la valorisation d’un bilan que le premier revendiquait et que le second devait défendre.
La campagne a par ailleurs été marquée par la confrontation ouverte entre le RNI et le PAM, deux partenaires de la même coalition. M. Akhannouch avait dénoncé les fausses promesses de son allié et mis en garde contre la transhumance politique, tandis que Fouzi Lekjaa appelait à un vote sanction contre la gestion du RNI dans plusieurs provinces. Cet affrontement entre formations gouvernementales a nourri, selon plusieurs analyses, la lecture d’un vote de rejet dont le PAM a tiré bénéfice.
Le parti conserve la deuxième place, mais d’un siège seulement sur l’Istiqlal, et perd plus du tiers de sa représentation. Sa position dans une éventuelle coalition s’en trouve sensiblement affaiblie par rapport à 2021, où il en était la formation dominante.
LNT