La pénurie de carburants qui frappe l’Europe s’est étendue du gazole au kérosène, avec un déficit d’approvisionnement en carburéacteur évalué à 510 000 barils par jour pour le prochain trimestre, selon le cabinet Energy Aspects.
Le contraste avec les autres régions est net. Les États-Unis affichent un excédent de 18 000 barils par jour et la zone Asie-Pacifique de 419 000. Les stocks de kérosène du pôle Amsterdam-Rotterdam-Anvers sont tombés à leur plus bas niveau depuis sept ans, à 454 000 tonnes à la mi-septembre. La Corée du Sud est devenue le premier fournisseur de l’Europe, avec environ 129 000 barils par jour.
La cause principale est la rupture des approvisionnements moyen-orientaux. L’Arabie saoudite a annulé des livraisons de brut programmées en octobre au profit de raffineurs européens, à la suite des attaques houthies contre ses infrastructures énergétiques, dont l’arrêt du pipeline Est-Ouest. Les capacités de raffinage européennes, réduites par une décennie de fermetures, ne permettent pas de compenser.
Les prix traduisent cette tension. Depuis janvier, l’essence a progressé d’environ 29% dans l’Union européenne et le gazole d’environ 40%. L’inflation énergétique a atteint 14,3% en août, contribution déterminante à l’inflation de la zone euro. Les analystes anticipent une prolongation de ces pressions jusqu’en 2027 et une répercussion croissante sur le transport aérien.
La situation européenne pèse directement sur le marché marocain. Le Royaume importe l’essentiel de ses produits raffinés depuis l’Europe et la Méditerranée, et le renchérissement des marges de raffinage s’ajoute à celui du brut dans la formation du prix à la pompe. Le gazole a été relevé de 34 centimes le 16 septembre et la facture énergétique nationale est attendue en hausse de 28,4% cette année, à 138,1 milliards de dirhams.
LNT
