Insuline : le ministère dément, les familles décrivent autre chose

Par LNT
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Des parents d’enfants diabétiques ont manifesté le 19 septembre devant les services de la préfecture à Casablanca, affirmant ne plus trouver d’insuline dans les centres de santé publics depuis six mois. Les autorités sanitaires démentent toute rupture de stock, dans un désaccord qui porte moins sur les faits que sur ce dont on parle.

Une source sanitaire affirme que les stocks disponibles couvrent les besoins de l’année, majorés d’un stock de sécurité, position confirmée par l’agence du médicament, qui indique qu’aucune rupture n’est constatée dans les établissements publics.

La difficulté réelle concerne le mode d’administration. Les stylos à insuline, dispositifs préremplis d’usage simple, n’ont jamais été distribués dans les structures publiques, qui délivrent l’insuline en flacons accompagnés de seringues. Le débat porte donc sur une forme galénique absente de l’offre publique plutôt que sur une pénurie du principe actif.

Trois problèmes d’accès se superposent néanmoins. La distribution transitant par les associations de patients présente des irrégularités. Des tensions régionales affectent la disponibilité de marques précises en officine, notamment Tresiba et Lantus. Et l’accès varie fortement selon la localisation géographique, contraignant des familles à acheter l’insuline dans le circuit privé.

L’épisode illustre une difficulté récurrente de la politique du médicament : l’écart entre une disponibilité mesurée au niveau national et une accessibilité constatée au guichet. Un stock suffisant en volume ne garantit ni sa répartition territoriale, ni la conformité de sa forme aux pratiques de soin devenues courantes.

Il intervient alors qu’une première vague de baisses de prix portant sur près de 300 médicaments vient d’être approuvée, avec des réductions comprises entre 10 et 70%, dans le cadre de la réforme entrée en vigueur le 6 août.

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