Le Chili a reconnu la souveraineté du Royaume sur le Sahara et engagé la négociation d’un accord commercial bilatéral, aux termes d’un communiqué conjoint signé le 22 septembre à New York par Nasser Bourita et son homologue Francisco Pérez Mackenna.
Le texte comporte trois volets. Sur le plan politique, Santiago reconnaît la souveraineté marocaine et retient l’initiative d’autonomie présentée en 2007 comme base politique du règlement du différend régional, en appuyant la résolution 2797 du Conseil de sécurité et son appel à des négociations de bonne foi sans conditions préalables.
Le deuxième volet est économique. Le Chili s’engage à favoriser les investissements directs dans les provinces du Sud, dans l’agro-industrie, les énergies renouvelables et la logistique. Le troisième porte sur le commerce : les deux pays ont signé des termes de référence en vue de la négociation d’un accord de libre-échange conforme aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.
La combinaison des trois volets fait la portée de l’annonce. Une reconnaissance politique assortie d’un engagement d’investissement localisé et d’un cadre commercial en préparation dépasse la déclaration de principe, en créant des intérêts économiques qui rendent la position plus difficile à réviser.
Le Chili appartenait jusqu’ici au groupe des pays latino-américains les plus réservés sur le dossier. Son évolution s’inscrit dans une séquence dense : le Panama a affirmé la veille sa reconnaissance et l’exercice de ses compétences consulaires sur l’ensemble du territoire marocain, tandis que Cabo Verde a réaffirmé son soutien par la voix de son ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Manuel Augusto Lima Amante da Rosa.
Cette accumulation intervient à cinq semaines de l’examen par le Conseil de sécurité du mandat de la mission onusienne, dont l’échéance est fixée au 31 octobre. L’annonce coïncide avec le 65e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays.
LNT