Les femmes représentent 2 658 des 7 288 candidats aux législatives, soit 36,47%, mais cette proportion masque une répartition très déséquilibrée entre les deux types de circonscriptions.
Sur les 2 658 candidates, 1 783 se présentent dans les circonscriptions régionales, désormais réservées aux femmes, et 875 seulement dans les circonscriptions locales, où concourent au total 5 505 candidats. L’écart le plus significatif porte toutefois sur la position dans la liste : 121 femmes conduisent une liste locale sur 1 615, soit environ 7,5%. Or c’est la tête de liste qui détermine, dans un scrutin proportionnel, la probabilité réelle d’être élu.
Le mécanisme des circonscriptions régionales a été modifié pour ce scrutin. Auparavant fondé sur une obligation de présence de femmes au sein des listes, il réserve désormais ces sièges exclusivement à des candidates. Un dispositif incitatif de nature financière récompense par ailleurs les listes régionales intégralement composées de candidats âgés de 35 ans ou moins.
Les organisations de défense des droits des femmes formulent quatre critiques convergentes. La première porte sur la qualité du positionnement dans les listes plutôt que sur le volume des candidatures. La deuxième concerne les conditions de campagne, avec des cas documentés de ciblage et de harcèlement numérique visant des candidates. La troisième interroge l’accès aux ressources financières nécessaires à une campagne. La quatrième met en cause le poids des liens familiaux dans la sélection des candidatures.
Une organisation résume l’objection centrale : l’augmentation globale du nombre de candidates ne suffit pas, à elle seule, à mesurer un progrès de la participation politique des femmes.
Le Mouvement pour une démocratie paritaire avait par ailleurs dénoncé la semaine dernière le rejet de listes conduites par des femmes, demandant que ces décisions soient motivées.
LNT