Mokhtar Laghzioui a été élu le 21 septembre à Rabat président du Conseil national de la presse, par onze voix contre trois au journaliste Abdellah Bakkali. Hanane Rihab accède à la vice-présidence.
L’élection marque la sortie d’une période institutionnelle prolongée d’incertitude. Le Conseil, instance d’autorégulation de la profession créée par la loi et composée de représentants élus des journalistes et des éditeurs auxquels s’ajoutent des personnalités désignées, avait vu son fonctionnement interrompu à l’expiration du mandat de sa précédente formation, situation qui avait conduit à la mise en place d’un dispositif transitoire.
Les attributions de l’instance sont substantielles. Elle délivre la carte de presse professionnelle, statue sur les manquements à la déontologie, arbitre les différends entre journalistes et entreprises de presse, et émet des avis sur les textes relatifs au secteur. Son inactivité laissait donc sans traitement une série de litiges et privait la profession de son mécanisme d’autorégulation, au profit d’un recours plus fréquent au juge pénal.
Le nouveau bureau hérite de plusieurs chantiers ouverts : la révision du code de déontologie, la question du statut des collaborateurs des sites électroniques, l’encadrement de l’usage de l’intelligence artificielle dans la production éditoriale, et l’articulation avec le modèle économique d’un secteur fragilisé par la contraction des recettes publicitaires et la concurrence des plateformes.
Le calendrier de cette élection, à la veille d’un scrutin législatif, place immédiatement l’instance devant l’une de ses fonctions les plus sensibles : le traitement des plaintes relatives au traitement médiatique de la campagne et à la diffusion d’informations non vérifiées, sujet sur lequel plusieurs formations politiques ont formulé des griefs durant les dernières semaines.
LNT