Le Royaume a enregistré 14,1 millions d’arrivées touristiques sur les huit premiers mois de 2026, en progression de 4,5% sur un an. Le mois d’août est le premier à avoir franchi le seuil des deux millions d’arrivées. Ce rythme marque cependant un net ralentissement par rapport à 2025, année durant laquelle la croissance avait atteint 14%.
La décélération constitue le fait saillant de ces statistiques. Le taux de progression a été approximativement divisé par trois d’une année sur l’autre, évolution qui interroge la trajectoire vers les objectifs fixés à l’horizon 2030, année de coorganisation de la Coupe du monde.
Les recettes racontent une autre histoire. Elles ont atteint 79 milliards de dirhams à fin juillet, en hausse de 13,4% sur un an, soit un rythme près de trois fois supérieur à celui des arrivées. Cet écart traduit une progression de la dépense moyenne par visiteur, cohérente avec l’orientation dite premium de la stratégie sectorielle, mais il reflète aussi l’effet de l’inflation sur les prix de l’hébergement et de la restauration.
Une précaution de lecture s’impose sur la nature des arrivées. Environ la moitié des entrées comptabilisées correspondent à des Marocains résidant à l’étranger revenant au pays, et non à des touristes internationaux au sens des comparaisons internationales. La distinction n’est pas anecdotique : elle affecte la structure de la dépense, la saisonnalité, le mode d’hébergement et la répartition territoriale des flux.
Plusieurs données manquent pour une évaluation complète. La ventilation entre touristes étrangers et membres de la diaspora pour 2026 n’a pas été publiée, pas plus que les taux d’occupation hôtelière ni les recettes arrêtées à fin août. En l’absence de ces éléments, l’appréciation de l’efficacité de la stratégie sectorielle demeure partielle.
Le secteur reste néanmoins l’un des premiers pourvoyeurs de devises du pays, aux côtés des transferts des Marocains du monde et des exportations de phosphates et de produits automobiles.
LNT