À deux jours du scrutin du 23 septembre, les états-majors achèvent une campagne dominée par le pouvoir d’achat, l’emploi et la santé, tandis que les jeunes électeurs expriment une défiance que les chiffres du corps électoral confirment.
Les formations en lice ont concentré leurs derniers déplacements sur les régions intérieures. Fouzi Lekjaa a enchaîné Ouarzazate et Tiznit, défendant les engagements sociaux du Parti authenticité et modernité, notamment le soutien aux veuves et les priorités destinées aux jeunes. Aziz Akhannouch a tenu meeting à Tétouan, où il a critiqué l’opposition et fixé le cap du quinquennat 2026-2031 en s’appuyant sur le bilan en matière de dessalement, de barrages et d’autoroutes. Nabil Benabdallah a dénoncé un gouvernement de conflits d’intérêts et appelé à un vote sanction. Fatima-Zahra Mansouri, à Benguérir, a défendu son honneur et ses engagements sociaux.
Le scepticisme des primo-votants s’exprime en termes directs. « Les promesses électorales ne sont que des paroles en l’air », résume une électrice de vingt ans interrogée dans la presse, formule qui recoupe le diagnostic posé par les observateurs accrédités : la part des 18-24 ans dans le corps électoral est tombée de 8% à 4%, celle des 25-34 ans de 19% à 15%, et le fichier s’est contracté de 17,5 millions d’inscrits en 2021 à environ 15,5 millions.
La campagne a par ailleurs été marquée par la prolifération de tracts et d’affiches dans l’espace public, qui a suscité des réactions d’exaspération, et par des accusations croisées entre formations sur l’achat de voix et le rôle des intermédiaires.
Le scrutin pourvoira 395 sièges, dont 305 au titre des 92 circonscriptions locales et 90 au titre des circonscriptions régionales. Vingt-sept partis y participent, avec 7 288 candidats répartis sur 1 850 listes. Plus de 3 000 observateurs nationaux et internationaux ont été accrédités.
Le mode de calcul de l’attribution des sièges a été modifié : il s’appuie désormais sur les suffrages valablement exprimés et non plus sur le nombre d’inscrits, changement qui relève le seuil d’accès au siège et dont l’effet dépendra directement du taux de participation.
LNT
