Monnaie : 540 milliards de dirhams en circulation, le cash a doublé en six ans et demi

Par LNT
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La circulation fiduciaire a atteint 540 milliards de dirhams à fin juillet 2026, selon les statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. Le montant a plus que doublé en six ans et demi, progression qui fait de la résistance du paiement en espèces l’une des singularités de l’économie nationale.

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette trajectoire : l’effet durable de la pandémie, qui avait provoqué un mouvement de thésaurisation de précaution ; le poids de l’activité informelle ; les transferts des Marocains résidant à l’étranger, dont une part significative se convertit en liquide ; et un déficit de confiance dans les canaux financiers institutionnels.

Une précaution méthodologique s’impose toutefois. Le volume de billets en circulation ne se confond ni avec la taille de l’économie informelle ni avec un indicateur de fraude fiscale. Une partie de la monnaie fiduciaire est thésaurisée et ne circule pas, tandis qu’une autre finance des transactions parfaitement déclarées. La corrélation entre encaisses et informalité existe mais elle n’est ni directe ni mesurable en l’état.

La persistance du cash renvoie surtout à des paramètres concrets d’usage : l’accessibilité du service de paiement électronique, son coût pour le commerçant comme pour le client, la confiance dans la fiabilité des dispositifs et, décisivement, leur acceptation par les très petites entreprises et le commerce de proximité, qui concentrent l’essentiel des transactions quotidiennes.

La mesure de la transition suppose donc de comparer l’évolution des encaisses à celle des paiements électroniques dans la durée, plutôt que de lire le seul encours fiduciaire. Les données disponibles montrent une progression rapide des paiements par carte et par mobile, mais à partir d’une base faible et sans que cette croissance n’inverse la tendance de la monnaie fiduciaire.

L’enjeu dépasse la modernisation des moyens de paiement. Il touche à l’assiette fiscale, à l’inclusion bancaire et à l’efficacité de la politique monétaire, dont les canaux de transmission s’affaiblissent à mesure que s’élargit la part de l’économie réglée hors du système bancaire.

LNT

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