Politique

Paix et sécurité : le Maroc appelle à adapter les opérations de soutien aux nouvelles menaces en Afrique

Par LNT
Sommet UA: union africaine

Le Maroc a appelé, vendredi 18 septembre à Bujumbura, à repenser les opérations de soutien à la paix de l’Union africaine afin de les adapter à l’évolution des conflits et des menaces sécuritaires sur le continent. Devant le Comité technique spécialisé de l’UA sur la défense, la sûreté et la sécurité, la délégation marocaine a notamment proposé de renforcer la coopération en matière de formation, de cybersécurité, de soutien psychosocial et d’exercices multinationaux. La 18e session du Comité s’est tenue du 15 au 18 septembre dans la capitale burundaise, avec un segment ministériel organisé le dernier jour.

La transformation des conflits et la diversification des risques sécuritaires nécessitent une évolution des mécanismes africains de soutien à la paix, a estimé le Maroc lors de la 18e session ordinaire du Comité technique spécialisé sur la défense, la sûreté et la sécurité de l’Union africaine.

Intervenant durant le segment ministériel, la délégation marocaine a considéré que les évolutions observées sur le continent mettent en évidence les limites des modèles classiques de soutien à la paix. Elle a appelé, dans ce contexte, à engager une réflexion collective sur l’avenir de ces opérations afin d’en améliorer l’adaptabilité, l’efficacité et les capacités d’intervention.

La rencontre de Bujumbura s’est déroulée en trois étapes : une réunion d’experts les 15 et 16 septembre, suivie le 17 septembre de la réunion des chefs d’état-major et responsables des services de sûreté et de sécurité, puis du segment ministériel le 18 septembre.

Formation, logistique et gestion des crises

La délégation marocaine a réaffirmé la disponibilité du Royaume à accompagner ses partenaires africains et les institutions compétentes de l’UA dans le développement des capacités nécessaires aux opérations de soutien à la paix.

Le Maroc met notamment en avant la formation, les échanges d’expériences opérationnelles et le partage de bonnes pratiques. Les domaines identifiés comprennent la planification opérationnelle, la gestion des crises, le soutien logistique et l’appui institutionnel aux mécanismes africains de paix et de sécurité.

Cette coopération se déploie également au niveau bilatéral, dans le cadre d’accords militaires et techniques conclus avec plusieurs partenaires africains. Selon la délégation, l’accompagnement technique et la participation aux opérations de paix doivent notamment contribuer au développement des capacités nationales et régionales de prévention et de gestion des crises.

Les opérations de soutien à la paix constituent l’un des instruments du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, qui peut autoriser leur déploiement et définir leurs orientations générales. L’UA indique que neuf opérations de ce type mandatées par l’organisation ont été déployées depuis 2003, auxquelles s’ajoutent quatre missions autorisées par elle.

Une attention portée à la dimension humaine

Le Maroc s’est également déclaré disponible pour contribuer à l’élaboration de la stratégie de l’Union africaine consacrée au soutien psychosocial du personnel engagé dans les opérations de paix.

La délégation a insisté sur la prise en compte de la dimension humaine dans les déploiements, notamment la résilience des personnels et la gestion des contraintes psychologiques auxquelles ils peuvent être confrontés dans des environnements opérationnels complexes.

Cette question s’inscrit dans un cadre plus large de réflexion de l’UA sur les conditions de conduite de ses opérations. En février 2026, le Conseil exécutif de l’organisation avait notamment approuvé plusieurs recommandations issues de la 17e session du même Comité, dont un concept relatif aux systèmes de commandement, de contrôle et de communication de la Force africaine en attente et des opérations de soutien à la paix.

La cybersécurité parmi les nouveaux enjeux

Face à la progression des menaces hybrides et des risques numériques, la délégation marocaine a également proposé un accompagnement dans le domaine de la cybersécurité.

Cette coopération pourrait porter sur l’échange d’expertises, la formation spécialisée et le partage de bonnes pratiques en matière de protection des systèmes et des infrastructures critiques.

L’intégration de ces dimensions numériques traduit l’élargissement des problématiques désormais prises en compte dans les politiques de sécurité, au-delà des menaces militaires conventionnelles.

Une contribution proposée aux exercices multinationaux

Le Maroc s’est enfin déclaré disposé à apporter son concours à la préparation et à la conduite d’exercices multinationaux organisés dans le cadre de l’Union africaine, notamment l’exercice maritime AMANI AFRICA III.

La délégation propose de mobiliser l’expérience des Forces Armées Royales dans la préparation, l’exécution et l’évaluation de ce type d’exercices. L’objectif avancé est de renforcer la coordination entre les forces participantes, leur interopérabilité et les échanges d’expériences.

LNT

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