Les États-Unis ont refusé pour la deuxième année consécutive d’accorder un visa au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et à d’autres responsables de l’Autorité et de l’Organisation de libération de la Palestine, les empêchant de se rendre à New York pour la 81e session de l’Assemblée générale.
Le département d’État justifie la mesure par trois griefs : la recherche d’une reconnaissance de l’État de Palestine en dehors de négociations directes avec Israël, la saisine de juridictions internationales, et les versements effectués au bénéfice de personnes que Washington et Tel-Aviv qualifient d’auteurs d’attaques, ainsi qu’à leurs familles.
L’Assemblée générale a voté pour autoriser M. Abbas à prononcer son allocution par message préenregistré. La mission palestinienne conserve par ailleurs la dérogation lui permettant de fonctionner avec son personnel permanent, les interdictions ne visant que des responsables nommément désignés. Le ministère palestinien des Affaires étrangères a salué un vote qui rompt « la tentative d’empêcher la participation de la Palestine ».
Amnesty International a qualifié ces restrictions de « violation manifeste de l’accord de siège des Nations unies », estimant qu’elles constituent des entraves arbitraires et affaiblissent la crédibilité de Washington dans son rôle d’État hôte. L’accord de siège de 1947 impose en principe aux États-Unis d’accorder l’accès au territoire aux représentants des États et entités invités à participer aux travaux de l’organisation.
Le refus intervient alors que plusieurs États européens ont reconnu l’État de Palestine au cours des derniers mois, séquence qui a modifié l’équilibre diplomatique du dossier. Des observateurs relèvent qu’aucun responsable israélien ne fait l’objet de restrictions de déplacement comparables, en dépit du mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahou pour des crimes présumés commis à Gaza.
Le Royaume, qui préside le Comité Al-Qods, participe à la session de l’Assemblée générale, où le ministre des Affaires étrangères a co-présidé le 17 septembre une conférence sur la lutte contre les discours de haine.
LNT
