Le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine a relevé mercredi son taux directeur d’un quart de point, portant la fourchette cible à 3,75-4%. La décision, adoptée à l’unanimité par douze voix, constitue la première hausse depuis plus de trois ans.
Le communiqué décrit une économie solide, avec une activité qui « progresse à un rythme soutenu », une consommation résiliente, des gains de productivité et un investissement en capital robuste. Les créations d’emplois suivent la progression de la population active et le taux de chômage varie peu. C’est donc l’inflation, et non la conjoncture, qui motive le resserrement : le comité indique que la décision « soutiendra un retour plus rapide » à la cible de 2% et affirme son engagement à « assurer la stabilité des prix ».
Les données d’août justifient cette lecture. L’inflation annuelle s’est maintenue à 3,4%, les prix à la pompe expliquant plus d’un tiers de la progression mensuelle, et le gazole a atteint des niveaux inédits, avec une moyenne de 6,31 dollars le gallon. Ces tensions découlent directement du conflit avec l’Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz au trafic commercial. Le communiqué relève d’ailleurs que « l’incertitude demeure élevée, en partie du fait des développements géopolitiques ».
Le président de l’institution, Kevin Warsh, a assumé la responsabilité de la banque centrale dans la persistance de la hausse des prix, estimant que « la responsabilité de soixante-cinq mois d’inflation élevée et durable incombe pleinement à la banque centrale ». Les projections font état d’un relèvement supplémentaire possible avant la fin de l’année et d’aucun mouvement en 2027, mais M. Warsh se montre réticent à fournir des indications détaillées sur la trajectoire future, préférant préserver sa marge de manœuvre.
Une partie des économistes conteste l’efficacité de l’instrument. L’inflation observée procède d’un choc d’offre et de contraintes d’approvisionnement plutôt que d’un excès de demande, configuration dans laquelle le relèvement des taux agit peu sur la cause et davantage sur l’activité.
Pour les économies importatrices, la conséquence immédiate est le raffermissement du dollar, qui renchérit les factures énergétiques et céréalières libellées dans cette devise et durcit les conditions de refinancement externe. Le cadrage préparatoire du projet de loi de finances 2027 retient une parité de 9,465 dirhams pour un dollar, hypothèse qu’un cycle de resserrement américain soumettrait à révision.
LNT
