À New York, Nasser Bourita et Gideon Saar ont signé une déclaration tripartite avec les États-Unis. Elle prévoit l’échange d’ambassadeurs, de nouveaux accords économiques et la reprise des vols directs. Surtout, Washington et Tel-Aviv y réaffirment leur reconnaissance de la souveraineté du Royaume sur l’ensemble de son Sahara.
Le mercredi 16 septembre à New York, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a rencontré son homologue israélien Gideon Saar. La réunion s’est tenue à l’invitation de l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz. Les trois pays ont adopté à cette occasion une déclaration conjointe. Elle prévoit que les bureaux de liaison de Rabat et de Tel-Aviv deviennent des ambassades à part entière, avec la nomination d’ambassadeurs.
Le Sahara marocain au cœur de la déclaration
La déclaration contient un point essentiel pour la diplomatie du Royaume. Les États-Unis et Israël y réaffirment leur reconnaissance de la souveraineté marocaine sur l’ensemble du territoire du Sahara. Ils redisent aussi leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, qualifiée de « sérieuse, crédible et réaliste » et présentée comme la seule base d’une solution juste et durable à ce différend régional.
C’est la continuité d’un engagement pris en décembre 2020, quand Washington a reconnu la marocanité du Sahara lors du rétablissement des relations entre Rabat et Israël. Israël avait fait de même en juillet 2023. Les partenaires du Maroc confirment donc, une fois de plus, une dynamique internationale en faveur de son intégrité territoriale.
Un partenariat économique concret
La déclaration ne se limite pas au volet politique. Les deux pays s’engagent à finaliser avant fin 2026 deux textes : un accord de protection des investissements et une convention de non-double imposition. Ils veulent ainsi offrir un cadre plus sûr aux opérateurs économiques. Les liaisons aériennes directes seront aussi rétablies et élargies d’ici la fin de l’année, notamment par les compagnies marocaines. Des visites de haut niveau sont également prévues. La coopération porte sur la technologie, l’innovation, la sécurité, l’énergie, le commerce et la sécurité alimentaire.
Gideon Saar a salué « l’amitié entre les peuples marocain et juif », qui « a des racines profondes et une histoire riche ». Il parle de mesures concrètes pour renforcer les relations « dans l’intérêt des deux peuples ». Ce lien humain et historique est porté notamment par la communauté juive d’origine marocaine, attachée au Royaume, et par la reconnaissance constitutionnelle de l’affluent hébraïque de l’identité nationale.
Une diplomatie de constance
Depuis 2020, le Maroc a toujours défendu la même ligne : développer ses relations avec Israël ne change en rien son soutien constant à la cause palestinienne. Le Roi Mohammed VI préside le Comité Al-Qods. Pendant la guerre à Gaza, le Royaume a appelé à l’arrêt des hostilités, a acheminé de l’aide humanitaire et a réaffirmé son attachement à la solution à deux États, avec un État palestinien ayant Al-Qods-Est pour capitale. Pour Rabat, entretenir des canaux directs avec toutes les parties sert précisément la paix et la stabilité régionales.
Avec cette déclaration, la diplomatie marocaine, conduite selon les Hautes Orientations Royales, montre à nouveau sa méthode : pragmatisme, défense ferme des intérêts suprêmes du Royaume et partenariats utiles à son développement.
LNT
