Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a demandé que des enquêteurs internationaux soient autorisés à se rendre dans l’ensemble des zones de la bande de Gaza pour participer à la collecte des preuves, après la découverte de restes humains sous les décombres de Gaza-ville.
Plus de 630 corps et restes humains ont été extraits de bâtiments effondrés depuis le mois de novembre. Les Nations unies estiment qu’environ 8 000 personnes demeurent portées disparues sous les gravats. La majorité des dépouilles récupérées seraient celles de femmes et d’enfants. Selon les données onusiennes, près de 82% du territoire de l’enclave a été réduit à l’état de ruines.
« La découverte de restes en grand nombre sous les décombres de Gaza-ville ravive les préoccupations relatives à des crimes de guerre et à d’autres crimes atroces », a déclaré M. Türk. Sa demande porte sur trois opérations techniques : l’identification des victimes, la préservation des preuves médico-légales et l’enregistrement des lieux d’inhumation, travaux qui supposent un accès aux secteurs actuellement sous contrôle militaire israélien.
Le ministère de la Santé de Gaza fait état de plus de 73 000 Palestiniens tués depuis octobre 2023, dont plus de 1 350 depuis le cessez-le-feu conclu en octobre dernier. Israël dénombre au moins 1 195 morts lors de l’attaque du 7 octobre 2023.
La question de l’accès constitue depuis le début du conflit un point de blocage. Les mécanismes d’enquête internationaux, qu’ils relèvent du Conseil des droits de l’homme ou de la Cour pénale internationale, dépendent de la possibilité matérielle d’examiner des sites et de recueillir des témoignages sur place. Leur absence conduit à fonder les constats sur des sources indirectes, ce qui en fragilise la portée probatoire.
Pour les familles, l’enjeu est d’abord civil. L’absence d’identification empêche l’établissement des actes de décès, avec des conséquences en matière de succession, de statut personnel et d’accès à l’aide, difficultés qui s’ajoutent au deuil dans un territoire où l’état civil a lui-même été désorganisé.
LNT
