Politique

Provinces du Sud : la bataille électorale fait rage entre le PAM et l’Istiqlal

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La ville de Dakhla. Crédits photo : FY/LNT

Fief historique des Istiqlaliens, la grande Laâyoune-Dakhla risque de se vêtir des couleurs du PAM qui a réussi à convaincre Khettat, l’homme fort de la région, de quitter la Balance pour rejoindre le Tracteur. En face, à Laâyoune, Hamdi Ould Errachid, représente certainement l’unique chance des Istiqlaliens d’empêcher les amis de Lekjaa de chasser sur leur terrain.

À quelques jours seulement de la date fatidique du 23 septembre prochain, le duel s’intensifie entre le PAM de Lekjaa et les Istiqlaliens de Baraka, particulièrement dans les Provinces du Sud. Et les coups pleuvent entre la garde rapprochée du Tracteur et les partisans de la Balance.

Justement, les hostilités se sont intensifiées entre les camps d’El Khettat et d’Ould Errachid à Dakhla. Polémiques sur le pouvoir d’achat, l’emploi, El Fassad, El Frakchia, et controverses sur la bonne gouvernance ont fini par donner lieu à des attaques en règle de part et d’autre.

Et pour beaucoup, la région de Dakhla Oued Eddahab, considérée depuis longtemps comme le bastion de Hamdi Ould Errachid, figure influente de l’Istiqlal au Sahara et Président du Conseil de la Ville de Laâyoune, est politiquement stratégique pour un PAM qui ambitionne de ratisser large.

Ynja Khattat, président du Conseil de la région de Dakhla-Oued Eddahab, ainsi qu’Abdelfattah Ahl El Mekki, un acteur important de l’Istiqlal dans la région, mènent aujourd’hui la bataille électorale du PAM contre un Istiqlal habitué à remporter haut la main et confortablement les élections du grand sud sahraoui marocain. Tellement importantes pour les partis en lice d’ailleurs que le RNI aurait tenté, bien avant le PAM, de les persuader de rejoindre la Colombe, mais sans succès.

Il est quand même important de rappeler que la carte électorale de la circonscription de Laâyoune n’a pas connu de changements majeurs, notamment concernant les premières places. Les figures traditionnelles bénéficiant d’un ancrage tribal et familial ont conservé leur position en tête, malgré les changements intervenus dans plusieurs autres circonscriptions.

A Laâyoune aussi, Mohammed Salem El Joumani assure, sur le plan électoral, l’essentiel, et réussit à préserver sa position dans la capitale des Provinces du Sud.

C’est dire qu’il n’est pas question de changer une équipe qui gagne. Le PAM, aussi bien que l’Istiqlal, comptent énormément sur ces « joueurs » en vue de consolider leur présence et leur positionnement. Pour la prochaine échéance électorale, plusieurs formations politiques ont choisi de miser sur les mêmes « joueurs » afin de préserver ou de renforcer leur position.

L’autre homme fort de la Région, Hassan Derhem, un Ittihadi de l’USFP auparavant, a préféré mener cette bataille sous les couleurs du PPS, ce qui devrait rendre la compétition particulièrement disputée dans les différentes circonscriptions électorales du Sahara marocain. A suivre.

H.Z


Ils ont dit

Lekjaa à Dakhla : « On aspire à changer la trajectoire de l’action gouvernementale actuelle, celle-ci a gravement porté atteinte au pouvoir d’achat des citoyens. La prochaine étape doit être marquée par le passage à un modèle de développement plaçant les jeunes au cœur du processus de développement et renforçant la justice sociale. Notre  souhaite ouvrir un débat sur l’avenir et de faire du développement un processus inclusif couvrant l’ensemble du territoire national. Les jeunes, où qu’ils se trouvent, doivent devenir une force qui façonne l’avenir et la région de Dakhla doit constituer un pôle de développement… Notre parti prévoit, dans son programme, de mobiliser une enveloppe de 210 MMDH milliards pour traiter plusieurs problématiques à caractère social… Nos priorités restent les questions liées aux retraités, aux jeunes et au pouvoir d’achat ».

 

Nizar Baraka à Laâyoune : « Ces élections législatives ne doivent pas être considérées comme une simple occasion de former un Gouvernement chargé d’organiser la Coupe du Monde 2030, mais plutôt comme une étape cruciale pour la mise en œuvre de grands projets stratégiques, parmi lesquels l’Autonomie des Régions du Sud dans le cadre de la Souveraineté marocaine. Le principal défi pour le prochain Gouvernement doit être l’activation de cette option afin de renforcer l’unité territoriale et de favoriser le développement de la Région… Notre parti a contribué à l’élaboration du modèle de développement spécifique aux régions du Sud, reliant la phase à venir à de grands projets tels que les énergies renouvelables, la voie expresse Tiznit, le port de Dakhla Atlantique et le gazoduc atlantique-africain. Le parti de l’Istiqlal n’a jamais été une machine électorale saisonnière, mais un acteur toujours présent aux côtés des habitants de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra ».

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