Les prix des carburants ont été revus à la hausse ce mercredi 16 septembre à l’occasion de la révision bimensuelle. Le litre de gasoil progresse de 34 centimes et celui d’essence de 27 centimes, deux semaines après une première augmentation intervenue au début du mois.
Le mouvement prolonge une série entamée avec la flambée des cours internationaux. Le baril de Brent évolue au-dessus de 105 dollars depuis plusieurs séances, en hausse de près de 19% sur un mois et d’environ 58% sur un an, sous l’effet conjugué de la fermeture du détroit d’Ormuz au trafic commercial et de l’arrêt du pipeline saoudien Est-Ouest, visé par des frappes de drones le 12 septembre. Cette infrastructure acheminait plusieurs millions de barils par jour vers la mer Rouge et constituait la principale voie de contournement du détroit.
La transmission au marché national s’opère par trois canaux. Le prix du produit raffiné importé suit les cotations internationales, généralement avec un décalage de quelques semaines lié aux cargaisons déjà engagées. Le coût du fret maritime s’ajoute, lui-même renchéri par le prix des soutes et par l’allongement de certaines rotations. La parité du dirham face au dollar module enfin l’ensemble, l’intégralité des achats étant libellée dans la devise américaine.
Le gasoil, dont le prix se situait autour de 14,93 dirhams le litre au début du mois, représente entre 75 et 80% de la consommation nationale de carburants. Cette prépondérance s’explique par le poids de la route dans l’acheminement des marchandises et par la place des taxis collectifs dans la mobilité interurbaine. Toute hausse de son prix se diffuse donc rapidement aux coûts logistiques, puis aux prix de détail des biens transportés.
Le calendrier de la révision lui donne une portée particulière. Elle intervient au troisième jour de la grève illimitée engagée par quatre organisations du transport routier de marchandises, dont l’une des revendications centrales porte précisément sur le relèvement de l’aide au gasoil, fixée à 50 centimes par litre et jugée insuffisante par les professionnels. L’augmentation constatée ce mercredi dépasse les deux tiers du montant de cette subvention.
Elle intervient également à une semaine du scrutin législatif du 23 septembre, dans une campagne où le pouvoir d’achat occupe une place centrale. Le cadrage budgétaire préparatoire du projet de loi de finances 2027 retient pour sa part une hypothèse de baril à 75 dollars, soit un écart de plus de trente dollars avec les cours observés.
LNT
