Ebola : plus de 6.000 cas et 3.000 morts en République démocratique du Congo

Par LNT
Ebola RDC

L’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo qui frappe l’est de la République démocratique du Congo depuis mai a dépassé 6 250 cas confirmés et 3 039 décès, selon les données communiquées par Médecins sans frontières. Il s’agit, selon l’organisation, de l’épidémie d’Ebola à la progression la plus rapide jamais enregistrée, le seuil des premiers milliers de cas ayant été franchi en une dizaine de semaines.

La flambée a débuté dans la province de l’Ituri, qui concentre 82% des cas confirmés, avant de s’étendre à quatre autres provinces de l’est : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé. L’Ouganda voisin a également confirmé des cas, y compris dans sa capitale Kampala, où un centre de traitement de trente-deux lits a été réhabilité.

La particularité de cette épidémie tient à la souche en cause. Le virus Bundibugyo n’est visé par aucun vaccin ni traitement homologué, les produits disponibles ayant été développés contre la souche Zaïre. Les autorités sanitaires explorent la possibilité d’utiliser le vaccin approuvé pour cette dernière, sans que son efficacité contre Bundibugyo soit établie. Un essai clinique a été lancé en août. Les épisodes antérieurs attribués à cette souche affichaient une létalité comprise entre 25 et 40%, mais les données actuelles suggèrent une mortalité supérieure.

Les décomptes varient selon les sources et les dates d’arrêt. L’Organisation mondiale de la santé faisait état de 5 794 cas confirmés et 2 786 décès à la date du 26 août, écart qui s’explique par les délais de consolidation des données dans des zones difficilement accessibles.

La riposte se heurte à un environnement dégradé. Les provinces touchées sont le théâtre de conflits armés qui compliquent la recherche des contacts et exposent le personnel soignant, tandis que les déplacements de population dispersent les chaînes de transmission. Les capacités de diagnostic restent limitées et d’autres urgences sanitaires, paludisme, choléra, rougeole et malnutrition, mobilisent les mêmes ressources. Médecins sans frontières indique déployer plus de 1 700 agents, neuf centres de traitement et plus de 480 lits, et avoir admis plus de 2 770 patients.

Sur le plan international, le Royaume-Uni a engagé 20 millions de livres et les États-Unis 112 millions de dollars pour les équipements de protection, le diagnostic et la recherche des contacts. Plusieurs pays ont instauré des mesures de dépistage aux frontières et des restrictions de déplacement. Les liaisons aériennes entre l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale placent les dispositifs de contrôle sanitaire aéroportuaire au premier rang des mesures de précaution pour les pays de la région.

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