Le président américain Donald Trump a affirmé que l’Ukraine et la Russie étaient convenues de cesser de viser leurs infrastructures énergétiques respectives, déclarant que « l’Ukraine a accepté de ne pas frapper les cibles énergétiques russes » et que « la Russie a accepté de faire de même ». Kiev présente la démarche différemment, comme une proposition d’arrêt mutuel qui n’a pas encore été formalisée.
Volodymyr Zelensky a indiqué que l’Ukraine soutiendrait un accord de non-ciblage des infrastructures critiques, mais à trois conditions : que l’engagement soit fiable, qu’il s’inscrive dans la durée et qu’il améliore concrètement la vie des civils. Il a ajouté que « l’Ukraine n’est pas certaine que la Russie soit disposée à respecter un quelconque accord » et qu’il attend « des précisions de la part de nos partenaires ». Trois périmètres sont visés par la partie ukrainienne : les infrastructures énergétiques, les infrastructures générales et les corridors d’approvisionnement alimentaire.
L’écart entre les deux formulations porte sur le statut de l’entente. Washington en parle comme d’un accord acquis, Kiev comme d’une proposition américaine à laquelle elle est prête à souscrire sous garanties. Aucune confirmation n’a été publiée du côté russe.
Le contexte immédiat est celui d’une escalade sur les infrastructures. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ont, ces derniers mois, affecté les capacités de traitement du pays, tandis que les bombardements russes visent le réseau électrique ukrainien à l’approche de l’hiver. La séquence intervient deux jours après une frappe de drone survenue à proximité immédiate de la frontière polonaise, sur la ligne ferroviaire Kiev-Varsovie, qui avait provoqué de vives réactions à Varsovie.
Les marchés de l’énergie réagissent à ces signaux. Le baril de Brent s’échangeait autour de 107,86 dollars ce mardi, en hausse de 2,07%, soutenu par la fermeture persistante du pipeline saoudien Est-Ouest, par le report d’une réunion diplomatique entre l’Iran et les États du Golfe sur la situation dans le détroit d’Ormuz, et par la baisse du nombre de navires transitant par ce passage. Une désescalade sur le front énergétique ukrainien constituerait l’un des rares facteurs susceptibles de détendre les cours à court terme.
Pour les pays importateurs nets, dont le Maroc, l’enjeu est direct : chaque dollar retiré du baril allège la facture énergétique et la charge de compensation du gaz butane, dans un contexte où le cadrage budgétaire national pour 2027 retient une hypothèse de baril à 75 dollars.
LNT
