Médicaments : le déficit commercial pourrait atteindre 13,4 milliards de dirhams en 2030

Par LNT
médicaments Maroc

Le déficit commercial du Maroc sur les produits pharmaceutiques s’est établi à 10,3 milliards de dirhams en 2025 et pourrait atteindre 13,4 milliards à l’horizon 2030, selon une analyse du cabinet de recherche sectorielle BMI, adossé à Fitch Solutions, établie à partir des données du commerce extérieur.

L’écart provient d’une divergence de rythme. Les importations de médicaments ont progressé de 17,4% pour atteindre 11,9 milliards de dirhams, quand les exportations stagnent autour de 1,6 milliard, avec une croissance limitée à 1,2%. Le taux de couverture des achats par les ventes à l’étranger ressort ainsi à environ 13%, niveau qui traduit une dépendance structurelle aux fournisseurs étrangers pour les traitements les plus récents et les principes actifs.

Le marché intérieur, lui, s’élargit. Il est évalué à 35,8 milliards de dirhams en 2025 et projeté à 46,3 milliards en 2030, porté par la hausse de la dépense de santé par habitant et par la généralisation de la couverture médicale. Cet élargissement mécanique de la demande explique une partie de la progression des importations : à offre locale inchangée, tout point de couverture supplémentaire se traduit par des achats extérieurs.

Le segment des génériques constitue la principale piste de rééquilibrage. Il pourrait atteindre 20,7 milliards de dirhams en 2030, sur une trajectoire de croissance annuelle de 6,3%, soit un rythme supérieur à celui du marché dans son ensemble. La production nationale y est mieux positionnée, mais la valeur unitaire des génériques reste faible au regard de celle des spécialités importées, ce qui limite l’effet sur la balance commerciale en valeur.

Une mesure adoptée en 2026 illustre la difficulté de l’arbitrage. Les droits de douane sur 112 médicaments essentiels ont été ramenés de 30% à 2,5%, afin de faire baisser les prix et de sécuriser les approvisionnements. L’effet immédiat a été une augmentation des importations plutôt qu’une réduction du déficit, le gain de pouvoir d’achat sanitaire se payant d’un creusement du solde extérieur.

La question des ruptures de stock reste le point le plus sensible. Plus de six cents médicaments ont fait l’objet de tensions d’approvisionnement en 2025, situation qui alimente à la fois le recours aux importations d’urgence et la demande d’une montée en gamme de l’appareil productif national, aujourd’hui concentré sur les formes sèches et les génériques à faible valeur ajoutée.

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