Le gouvernement canadien a démenti dimanche chercher à obtenir un statut de « membre associé » de l’Union européenne, après la publication d’informations de presse américaine prêtant cette intention au Premier ministre Mark Carney. Une source gouvernementale de haut rang a estimé que ces informations « exagèrent » la réalité des discussions, affirmant que « le Canada ne cherche pas l’adhésion à l’Union européenne, sous quelque forme que ce soit ».
Selon les informations démenties, Ottawa explorerait la création d’un statut qui n’existe pas dans les traités européens, et que Bruxelles pourrait envisager de façonner sur mesure. Le périmètre évoqué couvrait le commerce, l’énergie, l’intelligence artificielle, la défense et les minéraux critiques, avec des projets conjoints portant sur les câbles sous-marins, les centres de données, les infrastructures en nuage et les réseaux satellitaires. La Commission européenne s’est abstenue de tout commentaire. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait précédemment esquissé un modèle comparable de membre associé, initialement conçu pour l’Ukraine.
La version défendue par Ottawa est plus modeste. Le gouvernement dit vouloir approfondir le partenariat stratégique conclu lors du sommet Canada-Union européenne de juin dernier à Bruxelles, et obtenir une participation au programme européen d’acquisitions de défense ReArm Europe. Un sommet bilatéral doit se tenir au Canada à la fin du mois d’octobre.
Le contexte explique l’intérêt porté à ces informations. Le Canada est engagé dans une guerre commerciale avec les États-Unis, marquée par des droits de douane élevés et sans perspective de désescalade à court terme, ce qui pousse Ottawa à diversifier ses partenariats. Mark Carney doit prononcer jeudi un discours devant le Parlement européen à Strasbourg pour exposer sa vision des relations entre le Canada et l’Union, avant une rencontre avec le président français Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Un rapprochement institutionnel de cette ampleur se heurterait aux règles d’adhésion de l’Union et aux procédures de révision des traités, longues et soumises à ratification unanime. Il illustre néanmoins une tendance de fond : la recherche, par des partenaires historiques de Washington, d’ancrages alternatifs en matière commerciale et de défense.
Pour le Maroc, lié à l’Union européenne par un accord d’association et engagé dans la négociation d’un cadre rénové, ces débats sur des formats d’intégration différenciée sont suivis avec attention. Ils dessinent les contours des statuts que Bruxelles pourrait consentir à des partenaires proches sans ouvrir la voie à une adhésion.
LNT
