L’armateur néerlandais WEC Lines a intégré le port oriental à son réseau avec un service hebdomadaire lancé le 10 septembre, opéré par deux navires de 868 conteneurs équivalent vingt pieds chacun. La rotation relie les ports ibériques et, via Setúbal, les plateformes d’Europe du Nord. Le complexe entre dans sa phase opérationnelle au quatrième trimestre.
Le service, dénommé ISS-PT, a démarré le 10 septembre avec une fréquence hebdomadaire et un temps de transit d’environ quatorze jours. Il est assuré par deux navires d’une capacité unitaire de 868 conteneurs équivalent vingt pieds.
La rotation dessert les ports espagnols de Valence, Alicante, Carthagène, Almeria, Malaga, Gibraltar, Huelva et Cadix, ainsi que Setúbal et Sines au Portugal. Le passage par Setúbal ouvre des correspondances vers Anvers, Rotterdam, Hambourg, Liverpool et Dublin.
Le choix de ce premier opérateur est révélateur de la stratégie de montée en charge. Un service de feeder régional, avec des navires de taille modeste et une rotation ibérique, ne mobilise qu’une fraction des capacités du terminal mais permet de roder les procédures douanières, les systèmes d’information et la manutention avant l’arrivée des grands porte-conteneurs.
L’échelle du projet est en effet d’un autre ordre. L’investissement public et privé cumulé atteint 51 milliards de dirhams, dont 13,7 milliards d’infrastructures portuaires publiques et 20 milliards d’investissements privés sécurisés. Les ouvrages comprennent 5,4 kilomètres de digues et près de 4 kilomètres de quais. Le premier terminal à conteneurs, doté d’un quai de 1 520 mètres, offre une capacité annuelle de 3,5 millions de conteneurs, un second terminal de 900 mètres devant porter l’ensemble à 5,3 millions en 2027.
Le volet énergétique est programmé pour 2027, avec le premier terminal marocain de gaz naturel liquéfié, d’une capacité de cinq milliards de mètres cubes par an, et un terminal d’hydrocarbures de vingt-cinq millions de tonnes.
Le port est situé à environ 130 milles nautiques du détroit de Gibraltar. Son positionnement vise à compléter Tanger Med plutôt qu’à le concurrencer, en diversifiant les routes desservies et en dotant la façade méditerranéenne orientale d’une capacité dont elle était dépourvue.
Les retombées annoncées portent sur 14 000 emplois directs à l’ouverture, un objectif de 50 000 à l’horizon 2035 et environ 90 000 emplois indirects. La zone industrielle et logistique associée couvre 700 hectares et a recueilli 9 milliards de dirhams d’engagements privés, dont des opérations de logistique de pales d’éoliennes produites sur place.
LNT