Le baril de Brent a atteint 100,12 dollars mercredi, son plus haut niveau depuis le 24 juillet, le WTI s’établissant à 94,67 dollars. La hausse atteint 12% en un mois. Les analystes évaluent entre 8 et 12 dollars la prime de risque géopolitique intégrée au baril, niveau comparable à celui de la guerre du Golfe de 1991.
Le franchissement du seuil des 100 dollars est intervenu le mercredi 9 septembre. Le Brent a atteint 100,12 dollars le baril, au plus haut depuis le 24 juillet, et le brut américain WTI 94,67 dollars.
Trois événements ont convergé en quarante-huit heures. Le commandement central américain a détruit cinq pétroliers iraniens dans le Golfe persique et le golfe d’Oman. Les Houthis ont visé des terminaux pétroliers, des stations de pompage et des raffineries en Arabie saoudite, faisant soixante-treize blessés. L’Iran a répliqué par des tirs de missiles balistiques vers la Jordanie.
Deux points de passage concentrent le risque. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ vingt et un millions de barils par jour, et le détroit de Bab el-Mandeb. Les avertissements iraniens adressés à la navigation dans le Golfe ont conduit les armateurs à différer des livraisons et à supporter des coûts de stockage accrus.
Les analystes évaluent entre 8 et 12 dollars par baril la prime de risque géopolitique actuellement intégrée aux cours, niveau comparable à celui observé lors de la guerre du Golfe de 1991. Goldman Sachs envisage un baril à 120 dollars en cas d’aggravation des perturbations maritimes.
Pour le Royaume, la transmission de ce choc est mécanique et documentée. Les prix à la pompe sont indexés non sur le brut mais sur les cotations internationales des produits raffinés, avec un décalage de plusieurs semaines correspondant au cycle d’approvisionnement. La révision du 1er septembre avait déjà porté le gasoil en hausse de six centimes alors que le Brent reculait, effet de ce décalage. La prochaine révision, prévue au milieu du mois, intégrera au contraire une remontée des cotations.
Le calendrier place cette échéance en pleine campagne électorale, ouverte ce jeudi, où le pouvoir d’achat constitue le premier thème de mobilisation et où le salaire minimum fait l’objet d’une surenchère entre les principales formations.
L’effet ne se limite pas au carburant. La facture énergétique pèse sur la balance commerciale, dont le déficit s’est creusé de 26,5% à 244,69 milliards de dirhams à fin juillet, et sur les coûts de production industriels comme sur le transport routier de marchandises, dont les professionnels ont déposé un préavis de grève pour le 14 septembre en invoquant précisément l’insuffisance du soutien au carburant.
Un facteur atténue partiellement l’exposition nationale. Le retour de l’hydroélectricité, après un hiver exceptionnellement pluvieux, a permis de réduire de 21% en août les importations de gaz destinées à la production électrique.
LNT
