L’ouvrage à deux voies a été mis en service lundi par les Premiers ministres des deux pays lors d’une cérémonie à distance. Le poste frontière de Khassan, doté de dix couloirs, pourra traiter jusqu’à trois cents véhicules et plus de deux mille trois cents personnes par jour. Le chantier avait été décidé en juin 2024 lors de la visite de Vladimir Poutine à Pyongyang.
Le pont, long d’environ un kilomètre, franchit le fleuve Toumen à la frontière entre les deux pays. Il porte le nom de Iakov Novitchenko, officier soviétique. Sa mise en service, le 7 septembre, a été lancée conjointement à distance par le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine et son homologue nord-coréen Pak Thae Song.
Le calendrier du projet éclaire la dynamique bilatérale. L’accord a été conclu en juin 2024 lors de la rencontre entre Vladimir Poutine et Kim Jong-un à Pyongyang, les travaux ont débuté en avril 2025 et l’ouvrage a été livré en septembre 2026, soit moins de dix-huit mois de chantier.
Jusqu’ici, la seule liaison fixe entre les deux pays était le pont ferroviaire de l’Amitié, en service depuis 1959. L’ajout d’une liaison routière modifie la nature des échanges possibles : le rail impose des convois planifiés et une logistique lourde, la route autorise des flux fractionnés, réguliers et adaptables, y compris en hiver.
Le poste frontière de Khassan, qui accompagne l’ouvrage, comporte dix couloirs et est dimensionné pour traiter jusqu’à trois cents véhicules et plus de deux mille trois cents personnes par jour.
L’infrastructure s’inscrit dans un rapprochement engagé depuis 2022 et formalisé par le traité de partenariat stratégique global signé en 2024, qui comporte une clause de défense mutuelle. Ce rapprochement s’est traduit sur le plan militaire par l’envoi de soldats nord-coréens en Russie et par des livraisons de matériel, dans un contexte où les deux pays font l’objet de régimes de sanctions internationales étendus.
C’est précisément ce contexte qui donne à l’ouvrage sa portée. Un pont routier entre deux économies sanctionnées ne relève pas seulement de la facilitation commerciale : il matérialise la constitution d’un circuit d’échanges qui échappe pour l’essentiel aux mécanismes de contrôle occidentaux, et dont le volume réel sera difficile à établir depuis l’extérieur.
LNT
