Golfe : Doha et Abou Dhabi estiment que la région ne peut plus s’en remettre aux seuls États-Unis

Par LNT
forum de Hili à Abou Dhabi Golfe

Lors du forum de Hili à Abou Dhabi, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a déclaré que l’autosuffisance en matière de sécurité constituait la seule voie possible. Le conseiller diplomatique de la présidence émiratie a résumé l’état des relations avec Téhéran par la formule selon laquelle la confiance est la montagne qu’il faudra gravir.

Les déclarations ont été formulées le 7 septembre à Abou Dhabi. Majed Al Ansari s’exprimait pour le Qatar, Anwar Gargash pour les Émirats arabes unis.

La position qatarie est la plus explicite. Son porte-parole diplomatique a affirmé que l’autosuffisance en matière de sécurité constitue la seule voie possible, et que les pays du Golfe ne peuvent dépendre exclusivement des engagements américains.

Cette prise de position ne relève pas de la spéculation stratégique mais d’une expérience récente. Plusieurs monarchies du Golfe non parties au conflit ont été frappées par des tirs iraniens depuis le début de la confrontation ouverte en février entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Des bases américaines situées sur leur territoire ont été visées à Bahreïn, en Jordanie et en Irak la semaine dernière. Les États hôtes se retrouvent ainsi exposés en raison d’une présence militaire dont ils n’ont pas la maîtrise opérationnelle.

Les deux responsables ont formulé quatre positions communes : le renforcement des capacités régionales de défense au-delà du partenariat américain, l’illégalité au regard du droit international des frappes iraniennes contre des États non belligérants, le refus de toute contrainte sur la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, et l’impossibilité de laisser l’activité économique otage des menaces iraniennes.

Le conseiller émirati a distingué deux registres dans la relation avec Téhéran. Le maintien de relations fonctionnelles demeure nécessaire ; la reconstruction de la confiance relève d’un exercice qu’il a comparé à l’ascension d’une montagne.

Sur le plan pratique, les Émirats développent des routes d’exportation alternatives par leurs ports orientaux, par oléoducs et par voie ferroviaire, afin de réduire leur dépendance au passage d’Ormuz. Cette diversification logistique constitue la traduction concrète du discours sur l’autonomie.

La séquence intervient alors que les perturbations dans le détroit affectent les expéditions de gaz naturel liquéfié, dont le Qatar est l’un des premiers exportateurs mondiaux, ce qui explique la fermeté de Doha sur la question de la navigation.

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