Arabie saoudite : la plus lourde attaque houthie depuis des années vise les installations pétrolières

Par LNT
Arabie saoudite attaque houthie

Des dizaines de drones et de missiles ont frappé mardi des installations d’Aramco à Abha, Najran et Jizan, ainsi que la base aérienne du roi Khaled à Khamis Mouchaït. Soixante-treize civils ont été blessés et plusieurs sites ont connu des interruptions temporaires d’exploitation. Les Houthis présentent l’opération comme une riposte à 121 frappes saoudiennes en trois jours.

L’attaque a été menée le mardi 8 septembre. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a revendiqué l’emploi de dizaines de drones et de missiles.

Les cibles se concentrent dans le sud du Royaume, région frontalière du Yémen qui abrite une part importante de l’infrastructure pétrolière saoudienne. Des installations du groupe Aramco à Abha, Najran et Jizan ont été touchées, de même que la base aérienne du roi Khaled à Khamis Mouchaït. Jizan accueille l’une des plus grandes raffineries du pays, déjà visée à plusieurs reprises depuis juillet.

Le bilan communiqué fait état de soixante-treize civils blessés, dont des femmes et des enfants. Les autorités saoudiennes ont signalé des incendies sur plusieurs sites et des interruptions temporaires d’exploitation.

Les Houthis présentent l’opération comme une riposte à cent vingt et une frappes conduites par Riyad contre le Yémen en trois jours.

L’effet sur les marchés a été immédiat : le Brent s’est approché de 100 dollars le baril. Ce seuil constitue un repère psychologique autant qu’économique, dans un marché déjà tendu par la confrontation ouverte entre les États-Unis et l’Iran et par les restrictions de navigation dans le détroit d’Ormuz.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a attribué à l’Iran la responsabilité indirecte de ces attaques. Les Nations unies et l’Union européenne les ont condamnées, Bruxelles estimant qu’elles compromettent la sécurité et la stabilité régionales.

Le contexte yéménite s’est dégradé depuis juillet, après l’effondrement du cessez-le-feu conclu en 2022. La reprise des combats a provoqué le déplacement de près de vingt mille personnes et fait plus de cinq cents morts parmi les combattants sur la seule semaine écoulée.

Pour les pays importateurs nets de produits raffinés, dont le Maroc, la conséquence est directe et mécanique. La révision des prix à la pompe du 1er septembre avait déjà porté le gasoil à la hausse alors que le Brent reculait ; un baril proche de 100 dollars pèsera sur les révisions suivantes, à quelques jours de la campagne électorale où le pouvoir d’achat constitue le premier thème de mobilisation.

LNT

Les articles Premium et les archives LNT en accès illimité
 et sans publicité