La loi 56.24 transforme l’Office national des hydrocarbures et des mines en société anonyme, l’État demeurant actionnaire majoritaire. Le nouveau statut affranchit l’établissement des règles de la commande publique et lui permet de créer des filiales et de prendre des participations. La réforme intervient au moment où Tendrara entre en production et où l’offshore atlantique s’ouvre.
La loi 56.24, publiée au Bulletin officiel, met fin au statut d’établissement public de l’Office national des hydrocarbures et des mines pour lui substituer celui de société anonyme.
Le contenu de la réforme est d’abord juridique. Une structure soumise au droit des sociétés dispose d’une latitude supérieure pour créer des filiales, prendre des participations, conclure des partenariats stratégiques et mobiliser de nouvelles sources de financement. Elle sort par ailleurs du champ de la réglementation des marchés publics qui encadrait jusqu’ici ses procédures d’achat et de contractualisation.
L’État conserve la majorité du capital et le contrôle des décisions stratégiques relatives à la gestion des ressources naturelles.
La contrepartie de cette souplesse est explicite. L’affranchissement des procédures publiques suppose un renforcement des mécanismes internes de gouvernance : transparence, mise en concurrence, traçabilité des décisions et prévention des conflits d’intérêts. La transformation statutaire ne garantit pas par elle-même l’efficacité, qui dépendra de la qualité de la gestion et de la capacité à concilier logique industrielle et intérêt public, notamment sur les missions de recherche à rentabilité incertaine mais à portée stratégique.
Le calendrier de la réforme coïncide avec une séquence opérationnelle chargée.
Le projet de Tendrara, dans l’Oriental, est entré en phase de production initiale en décembre 2025, avec environ six mois de retard sur le calendrier annoncé. Sa structure capitalistique associe Mana Energy Limited, contrôlée par Attijariwafa bank, à hauteur de 55%, l’Office à 25% et le britannique Sound Energy à 20%. Un contrat de dix ans a été conclu avec Afriquia Gaz pour la fourniture de 100 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par an à compter de la première livraison commerciale.
L’offshore atlantique constitue le second front. Dix nouveaux permis d’exploration y ont été attribués, dans une zone où le projet Anchois, au large de Larache, reste le plus avancé.
L’enjeu se mesure aux importations. Le Royaume a acheté environ 466 millions de mètres cubes de gaz par le gazoduc Maghreb-Europe sur les huit premiers mois de l’année, avec un repli de 21% en août lié au retour de l’hydroélectricité. Toute production nationale substituée à ces achats allège la facture énergétique et le besoin en devises, ce qui donne à la réforme de l’Office une portée qui dépasse la question statutaire.
LNT
