Le virus a été confirmé le 14 août dans des sardines d’Afrique du Sud, où il a été détecté dans la totalité des quinze premiers échantillons analysés. Sa souche présente 99,7% de similarité génétique avec celle qui avait détruit 60% de la biomasse australienne en 1998-1999. Aucun cas n’a été signalé dans les eaux marocaines.
L’herpèsvirus de la sardine, connu sous l’acronyme anglais PHV, a été confirmé le 14 août 2026 dans des sardines sud-africaines, après le début de mortalités massives observées au début du même mois. Les analyses ont détecté le virus dans les quinze premiers échantillons prélevés, avec une charge virale élevée chez les poissons morts.
Les chercheurs poursuivent leurs investigations sur les facteurs déclenchants, notamment un déficit en oxygène ou une efflorescence algale, qui pourraient avoir précipité l’épizootie sans en être la cause première.
Le précédent australien donne la mesure du risque. Le pays a connu deux épidémies, en 1995 puis en 1998-1999. La première avait affecté plus de cinq mille kilomètres de littoral, avec un front d’infection progressant jusqu’à quarante kilomètres par jour. La seconde avait détruit environ 60% de la biomasse régionale de sardines, pour des pertes économiques supérieures à quinze millions de dollars.
La souche identifiée en Afrique du Sud présente une similarité génétique de 99,7% avec la souche australienne.
Aucun cas n’a été officiellement signalé dans les eaux marocaines. La chercheuse Rosemary Dorrington recommande néanmoins au Royaume de mettre en place une surveillance moléculaire de routine sur les captures de sardines et de renforcer les procédures sanitaires à l’importation, afin de détecter le virus avant l’apparition de mortalités massives.
L’enjeu économique justifie cette prudence. Le Maroc est le premier exportateur mondial de sardines en conserve, avec plus de 150 000 tonnes de produits transformés expédiés chaque année vers l’Union européenne, l’Asie et le Moyen-Orient. La filière s’appuie sur des dizaines d’unités de transformation réparties principalement autour d’Agadir, Essaouira, Safi et Laâyoune, et sur la proximité de l’un des systèmes d’upwelling les plus productifs de l’Atlantique.
Deux caractéristiques du stock marocain méritent d’être relevées dans ce contexte. La première est sa densité, qui constitue un atout économique mais un facteur d’accélération pour tout agent pathogène à transmission directe. La seconde est la position géographique du Maroc sur le courant des Canaries, hydrologiquement distinct du système du Benguela où le virus a été détecté, ce qui n’exclut pas une propagation mais en ralentit la mécanique.
La vulnérabilité de la filière tient enfin à sa concentration sur une espèce unique. Contrairement à des pêcheries diversifiées, l’industrie de la conserve marocaine repose très largement sur la sardine, configuration qui laisse peu de marge d’adaptation en cas d’effondrement du stock.
LNT
