Les élèves marocains obtiennent 358 points en sciences, 355 en mathématiques et 321 en compréhension de l’écrit, contre des moyennes de 482, 463 et 461 dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Près de trois élèves sur quatre sont considérés comme peu performants dans les trois compétences. Le recul atteint 18 points en lecture depuis 2022.
Les résultats de l’enquête internationale sur les acquis des élèves de quinze ans placent le Royaume nettement sous les moyennes internationales dans les trois domaines évalués.
En sciences, les élèves marocains obtiennent 358 points contre une moyenne de 482 dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, ce qui situe le Maroc au quarante-huitième rang sur quarante-huit pays participants. En mathématiques, le score s’établit à 355 points contre 463. En compréhension de l’écrit, il atteint 321 points contre 461.
L’indicateur le plus significatif n’est pas le score moyen mais la répartition. Le taux d’élèves considérés comme peu performants dans les trois compétences fondamentales atteint 73,2%, contre 19,7% dans les pays de l’organisation. Un système dont près de trois élèves sur quatre n’atteignent pas le seuil de compétence minimal ne présente pas un problème d’excellence mais un problème de socle.
L’évolution est défavorable. Le score en lecture recule de 18 points par rapport à 2022, celui en mathématiques de 10 points.
Deux séries de données éclairent les causes possibles. Sur le plan matériel, 69% des élèves fréquentent des établissements dont la direction signale une insuffisance des ressources pédagogiques. Sur le plan du temps scolaire, 62% déclarent des absences non justifiées, et les perturbations en classe entravent l’enseignement des sciences.
L’enquête écarte en revanche l’explication par le désengagement des élèves. Nombre d’entre eux se déclarent motivés tout en ne maîtrisant pas les compétences fondamentales, ce qui oriente le diagnostic vers les méthodes pédagogiques, la qualité de l’enseignement et les inégalités systémiques plutôt que vers l’effort individuel.
Le ministère de l’Éducation nationale avance deux arguments. Le premier tient au calendrier de la réforme : les élèves évalués n’avaient pas encore été exposés au programme des écoles pionnières, lancé en 2023, et l’enquête ne mesurerait donc pas les effets du dispositif en cours de déploiement. Le second est méthodologique : la participation marocaine à l’enquête a progressé de 30% entre 2018 et 2025 à population de jeunes stable, ce qui traduit un élargissement de l’accès à l’école mais dilue mécaniquement les moyennes en y intégrant des élèves auparavant hors du système.
Ces deux arguments sont recevables mais ne se substituent pas à un résultat. Le premier sera vérifiable lors du prochain cycle, quand les élèves issus des écoles pionnières atteindront l’âge du test. Le second explique une part de la stagnation, non un recul de 18 points en lecture.
LNT