L’opération porte sur l’acquisition de 100% du capital et des droits de vote d’Unifitel par Majorel Africa, filiale du groupe Teleperformance. Le Conseil de la concurrence a ouvert le 3 septembre un délai de dix jours pour les observations des tiers, qui s’achève le 14 septembre. La concentration intervient au moment où le secteur encaisse le choc de la loi française sur le démarchage.
Le Conseil de la concurrence a publié le 3 septembre le communiqué relatif au projet de concentration économique portant sur la prise de contrôle exclusif d’Unifitel par Majorel Africa, à travers l’acquisition de la totalité du capital et des droits de vote associés.
Majorel Africa est une holding de droit marocain au capital de 230,3 millions de dirhams, rattachée au groupe Teleperformance. Unifitel exerce dans les services d’externalisation aux entreprises : gestion de la relation client, support après-vente et recouvrement pour le compte d’établissements financiers.
La procédure suit le cadre fixé par la loi 104-12 et le décret 2-14-652. Les tiers intéressés disposaient d’un délai de dix jours, courant jusqu’au 14 septembre, pour présenter leurs observations. Le Conseil précise que les informations publiées émanent des parties notifiantes, restent soumises à vérification de la complétude du dossier, et que cette publication ne préjuge pas de sa position finale.
Le calendrier de l’opération mérite d’être rapporté à l’état du secteur. La loi française interdisant le démarchage téléphonique sans consentement préalable est entrée en vigueur le 11 août. Trois semaines plus tard, un centre implanté au Technopark avait cessé son activité, des enseignes avaient été retirées et des baux non renouvelés, la Fédération nationale des centres d’appels évaluant à 10 000 le nombre d’emplois concernés sur un secteur de 150 000 personnes.
Ces deux mouvements ne sont pas contradictoires mais complémentaires. Un choc réglementaire qui frappe une activité déclenche presque mécaniquement une phase de concentration : les structures diversifiées et capitalisées absorbent celles qui ne peuvent absorber la perte d’un donneur d’ordre. Le résultat est un secteur plus solide sur le plan financier, plus concentré, et dont l’emploi total est inférieur au point de départ.
C’est précisément ce que le Conseil de la concurrence est chargé d’apprécier. L’examen d’une concentration porte sur l’effet de l’opération sur la structure du marché pertinent, exercice qui suppose ici de délimiter ce marché : l’externalisation de la relation client pour donneurs d’ordre francophones constitue-t-elle un marché distinct de l’externalisation en général, question dont dépend l’appréciation du degré de concentration résultant.
Aucune indication n’a été rendue publique sur les effectifs d’Unifitel ni sur le montant de la transaction.
