Législatives : le PJD présente un programme sans objectifs chiffrés, à contre-courant de ses concurrents

Par LNT
PJD Abdelilah Benkirane

Le Parti de la justice et du développement a dévoilé lundi à Rabat un programme articulé autour de cinq axes et centré sur l’emploi des jeunes. Il refuse d’avancer des cibles chiffrées sur la croissance, les salaires ou les créations de postes, au moment où ses concurrents rivalisent d’engagements quantifiés. Le parti évoque un programme sans fausses promesses.

La présentation s’est tenue le 7 septembre à Rabat. Le programme place l’emploi des jeunes au rang d’indicateur économique principal, en s’appuyant sur deux données : plus de 1,6 million de personnes sans emploi et un taux de chômage supérieur à 37% chez les 15-24 ans.

Les propositions portent sur le renforcement de la formation professionnelle, le soutien à l’entrepreneuriat et le développement des filières vertes et numériques. Le parti avance également des mesures en faveur des très petites et petites entreprises : facilitation de l’accès à la commande publique et aux financements, réductions fiscales conditionnées, et incitations publiques indexées sur la création d’emplois et l’achat local.

Deux autres volets complètent l’ensemble. La régulation de la concurrence, avec un renforcement des règles et de la transparence entre entreprises publiques et privées destiné à prévenir les avantages concurrentiels indus. Et la protection du consommateur, avec un durcissement du contrôle des prix des produits alimentaires de base et une réforme des marchés de gros visant la spéculation.

Le parti inscrit ces orientations dans ce qu’il nomme une économie de la dignité, articulée à la souveraineté dans les secteurs alimentaire, hydrique, énergétique et sanitaire.

Le choix méthodologique constitue l’élément le plus remarquable de cette présentation. Le parti refuse de fixer des objectifs chiffrés en matière d’emploi, de salaires ou de croissance, position qu’il justifie par le refus des fausses promesses.

Ce positionnement s’explique par la séquence en cours. Le Rassemblement national des indépendants et le Parti authenticité et modernité se sont engagés à porter le salaire minimum de 3 400 à 5 000 dirhams et avancent chacun un objectif d’un million d’emplois, le second chiffrant son programme à 350 milliards de dirhams sur cinq ans. En refusant d’entrer dans cette compétition, le Parti de la justice et du développement fait porter le débat sur la crédibilité des engagements plutôt que sur leur ampleur.

La stratégie comporte un risque symétrique. Un programme sans cible quantifiée échappe à la critique de l’irréalisme, mais se prive aussi de tout instrument de vérification, ce que ses adversaires ne manqueront pas de relever.

Le parti a par ailleurs lancé une plateforme numérique destinée à recueillir les recommandations des électeurs.

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