Steve Witkoff et Jared Kushner se sont entretenus trois heures avec Vladimir Poutine dimanche avant de rejoindre Kiev, où ils ont rencontré à deux reprises Volodymyr Zelensky. Les conseillers de sécurité britannique, français et allemand ont participé à une troisième séance. Le président ukrainien estime que les combats se prolongeront au moins jusqu’à l’hiver prochain.
Le déplacement du 6 septembre constitue la première visite des deux émissaires américains en Ukraine depuis l’ouverture des discussions, et la visite américaine de plus haut niveau depuis le début du second mandat de Donald Trump.
La séquence a commencé à Moscou, où Steve Witkoff et Jared Kushner se sont entretenus trois heures avec le président russe. Un responsable russe a évoqué des efforts des deux émissaires et des progrès en cours, formulation prudente dont la portée reste à établir.
À Kiev, les deux hommes ont rencontré à deux reprises le président ukrainien. Une troisième séance a associé les conseillers de sécurité nationale du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne, ce qui marque une inflexion : les Européens, longtemps tenus à l’écart du canal américano-russe, sont désormais présents à la table.
Trois sujets figuraient à l’ordre du jour selon les participants : la préparation de l’Ukraine à un hiver de guerre, la volonté américaine d’obtenir une percée avant l’arrivée du froid, et une proposition de paix présentée comme rafraîchie.
Cette dernière expression traduit l’état réel du dossier. Les paramètres qui bloquent depuis des mois demeurent les mêmes : le tracé territorial, la nature des garanties de sécurité offertes à Kiev, et le calendrier d’une éventuelle levée des sanctions. Aucun élément public ne permet d’établir qu’un de ces trois points aurait évolué.
À l’issue de leur deuxième entretien, les émissaires ont fait état d’une discussion substantielle qui les avait encouragés. Une source impliquée dans les pourparlers a indiqué que les choses pourraient évoluer favorablement s’il y avait un suivi de toutes les parties concernées. La Maison Blanche a annoncé que les prochaines étapes seraient précisées dans les semaines à venir.
Le président ukrainien a pour sa part indiqué que la guerre durerait probablement cet hiver, appréciation qui contraste avec l’optimisme affiché par ses interlocuteurs et qui commande la préparation du pays : protection du réseau électrique, stocks de combustible et défense antiaérienne des infrastructures énergétiques.
Cette anticipation est fondée. Le ministère russe de la Défense a annoncé le 30 août préparer des frappes massives contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, séquence qui a marqué chacun des hivers précédents du conflit.
LNT
