Le Royaume a accueilli 14,1 millions de touristes sur les huit premiers mois de l’année, en progression de 4,5%, soit environ 608 000 visiteurs supplémentaires. Le mois d’août a franchi pour la première fois la barre des deux millions d’arrivées. L’horizon fixé pour 2030 reste néanmoins distant de près de la moitié du volume actuel.
Les données communiquées par le ministère du Tourisme portent à 14,1 millions le nombre de touristes accueillis entre janvier et août 2026, en hausse de 4,5% par rapport à la même période de 2025.
Le mois d’août constitue le fait marquant de la saison. Il a dépassé pour la première fois deux millions d’arrivées sur un seul mois, en progression de 3% sur un an. Cette performance confirme la capacité du Royaume à absorber des pics de fréquentation estivale, exercice qui met à l’épreuve les capacités aéroportuaires, hôtelières et de transport intérieur.
Le rythme mérite toutefois d’être rapporté aux objectifs affichés. L’année 2025 s’était close sur près de 20 millions de visiteurs et 138 milliards de dirhams de recettes voyages. La cible fixée pour 2030 est de 26 millions de touristes, contre 17,4 millions en 2024. Atteindre ce niveau suppose de maintenir une croissance annuelle nettement supérieure aux 4,5% observés cette année.
C’est cet écart qui explique l’ampleur des investissements engagés. Le programme lié à l’organisation de la Coupe du monde 2030, conjointe avec l’Espagne et le Portugal, mobilise une enveloppe globale de l’ordre de 200 milliards de dirhams sur l’ensemble des chantiers d’infrastructures, dont plus de la moitié pour les stades et le transport.
Le détail des financements est désormais public. Le Trésor a affecté 25 milliards de dirhams aux stades et aux centres d’entraînement, complétés par 17 milliards levés auprès des banques et sur le marché de la dette privée, ainsi qu’un emprunt obligataire international de deux milliards d’euros émis en mars 2025. La ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, longue de 430 kilomètres, représente à elle seule 53 milliards de dirhams hors matériel roulant, pour une mise en service visée en 2029. Le Grand Stade Hassan II, près de Casablanca, prévu pour 115 000 spectateurs, est estimé à 5 milliards de dirhams.
Les retombées projetées par les organisations spécialisées situent les recettes de la compétition entre deux et trois milliards d’euros, pour un impact économique global de huit à dix milliards de dollars, un supplément de croissance de un à deux points et demi de produit intérieur brut, et 130 000 à 160 000 emplois.
La contrainte identifiée est celle de la capacité d’hébergement. Le Royaume vise 60 000 lits supplémentaires, soit une augmentation d’environ 20% du parc classé, condition sans laquelle la croissance des arrivées se heurte à un plafond physique en haute saison.
Les analystes rappellent enfin les précédents sud-africain et brésilien, où des équipements sportifs surdimensionnés sont demeurés sous-utilisés après la compétition, et recommandent des stades multifonctionnels dont l’exploitation ne dépende pas du seul football.
LNT