À trois jours du démarrage des cours, les organisations de libraires contestent la réduction de leurs marges sur les manuels et envisagent de refuser la distribution des ouvrages destinés aux écoles pionnières. Le dialogue avec le ministère de l’Éducation nationale a été suspendu. Les professionnels alertent parallèlement sur l’extension d’un marché informel du livre scolaire.
Le conflit sur la distribution des manuels scolaires intervient au moment le plus sensible du calendrier. Les cours démarrent le 7 septembre pour l’ensemble des cycles, après l’accueil des élèves échelonné du 3 au 5.
Les organisations de libraires contestent la réduction de leurs marges sur la vente des manuels et envisagent en conséquence de boycotter la distribution des ouvrages destinés aux écoles pionnières, programme de refonte pédagogique déployé par le ministère. Le dialogue avec le département de l’Éducation nationale a été suspendu.
La mécanique du différend est économique. Le prix du manuel scolaire est administré, ce qui signifie que le libraire ne peut le répercuter sur le consommateur. Toute compression de la marge de distribution s’impute donc intégralement sur le résultat du détaillant, dans une activité dont le chiffre d’affaires est fortement concentré sur quelques semaines de l’année et qui supporte des coûts de stockage et de trésorerie sur des ouvrages achetés avant d’être vendus.
Les professionnels ont par ailleurs saisi le ministère de l’Intérieur sur un second sujet, l’extension de ventes informelles de manuels et de fournitures scolaires sur la voie publique, dans l’espace public et dans des locaux commerciaux non autorisés, pratique qui s’intensifie à l’approche de chaque rentrée. L’Association des libraires du Maroc y voit une concurrence déloyale, les vendeurs non déclarés échappant aux charges d’exploitation et aux obligations réglementaires que supportent les commerces établis.
Les deux dossiers sont liés. Une marge légale comprimée réduit l’écart de compétitivité entre le circuit déclaré et le circuit informel, et rend ce dernier d’autant plus attractif pour le consommateur comme pour le revendeur.
L’enjeu dépasse la répartition de la valeur entre éditeurs et libraires. Une distribution défaillante se traduit, dans les faits, par des ruptures d’approvisionnement en début d’année, situation observée lors de précédentes rentrées, avec pour conséquence des élèves démarrant l’année sans manuel dans les zones les moins bien desservies, où la librairie de proximité constitue souvent le seul point de vente.
Aucune position du ministère de l’Éducation nationale n’a été rendue publique à ce stade sur les revendications de marge.
LNT
