Un contrat de 1,99 million d’euros, soit environ 21,6 millions de dirhams, financé par la Banque européenne d’investissement, a été attribué pour les études de faisabilité du projet. Le parc viserait environ 1 000 mégawatts sur 211 kilomètres carrés, à 10 à 20 kilomètres des côtes. Les études courent sur vingt-quatre mois, pour un chantier envisagé vers 2029.
Le Maroc engage la phase préparatoire de son entrée dans l’éolien en mer. Un contrat d’études de faisabilité, d’un montant de 1,99 million d’euros financé par la Banque européenne d’investissement, a été attribué à un consortium international associant des bureaux d’études européens et les sociétés marocaines Phenixa et NOVEC. Le projet est porté par l’Agence marocaine pour l’énergie durable.
Les paramètres du site sont désormais établis. La zone retenue couvre 211 kilomètres carrés, à une distance comprise entre 10 et 20 kilomètres des côtes d’Essaouira, avec des profondeurs d’eau de 25 à 65 mètres. Cette bathymétrie est déterminante : elle reste compatible avec des fondations fixes, technologie mature et nettement moins coûteuse que l’éolien flottant, qui devient nécessaire au-delà d’une soixantaine de mètres.
La capacité visée est de l’ordre de 1 000 mégawatts, le chantier étant envisagé aux alentours de 2029.
Les études porteront sur la faisabilité technique, la viabilité économique et les incidences environnementales et sociales : technologies de turbines, câbles sous-marins, postes électriques en mer, raccordement au réseau et infrastructures portuaires nécessaires. Cette dernière composante est souvent sous-estimée alors qu’elle conditionne le reste : l’assemblage et la maintenance d’un parc en mer exigent des quais renforcés, des surfaces de stockage et des navires spécialisés dont aucun port marocain ne dispose aujourd’hui.
Trois obstacles sont identifiés par les analystes du secteur : la constitution de compétences maritimes spécialisées, l’élaboration d’un cadre réglementaire pour les autorisations en mer, actuellement inexistant, et la structuration de chaînes d’approvisionnement industrielles pour la maintenance.
L’intérêt du procédé se comprend au regard du parc existant. Les capacités éoliennes terrestres du Royaume, concentrées à Tarfaya, Tanger et Midelt, atteignent des facteurs de charge élevés. L’éolien en mer offre un régime de vent plus régulier et des surfaces sans conflit d’usage foncier, au prix d’un coût d’investissement par mégawatt sensiblement supérieur.
Le projet accompagne un effort parallèle sur le réseau, un financement de 300 millions d’euros visant à accroître la capacité de transport nationale de 1 850 mégavoltampères, condition d’intégration de toute nouvelle capacité renouvelable.
LNT
