L’Assemblée nationale vénézuélienne a approuvé mardi les termes de l’accord conclu avec Washington sur dix-sept champs pétroliers. La nouvelle société sera détenue à 35% par un fonds du département de la Défense américain, le département d’État pouvant acheter 20% de la production au prix de revient. Le secrétaire américain à l’Énergie est arrivé à Caracas.
Les termes de l’accord annoncé le 29 août par le président américain sont désormais connus, après leur ratification par l’Assemblée nationale vénézuélienne.
Le montage est inhabituel. La structure créée, dénommée North American Blue Energy Partners, se voit attribuer les droits d’exploitation de dix-sept champs pétroliers renfermant 65 milliards de barils de réserves prouvées, pour une durée de cent ans.
Sa gouvernance place l’administration américaine au cœur du dispositif. L’Office of Strategic Capital, rattaché au département de la Défense, détient 35% du capital. Le département d’État dispose du droit d’acheter 20% de la production au prix de revient. Les citoyens américains doivent constituer la majorité du conseil d’administration, et Washington conserve un droit de veto sur les nominations.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a décrit l’arrangement sans détour, indiquant qu’il s’agit désormais d’un accord avec le gouvernement des États-Unis, impliquant spécifiquement le département de la Défense, qui dispose d’un compte particulier lui permettant de prendre possession d’un certain pourcentage de ces actifs.
Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, est arrivé à Caracas pour formaliser l’accord. Chevron devait annoncer à cette occasion une extension de ses activités au Venezuela et de nouveaux engagements d’investissement.
La position de Chevron est singulière. Le groupe est le seul grand producteur américain resté au Venezuela après les nationalisations engagées par Hugo Chávez en 2007, qui avaient conduit au départ d’ExxonMobil et de ConocoPhillips. Cette continuité lui confère un avantage opérationnel que les nouveaux entrants ne possèdent pas.
Le président américain a annoncé que d’autres groupes suivraient. ExxonMobil a répondu que rien n’avait changé concernant ses activités au Venezuela, réponse qui mesure l’écart entre l’annonce politique et les décisions d’investissement.
Les analystes demeurent divisés sur le calendrier de production, avec des estimations allant d’un à dix ans pour observer un effet significatif sur les volumes. L’appareil productif vénézuélien, dégradé par près de deux décennies de sous-investissement, de sanctions et de départ de personnels qualifiés, suppose une remise en état dont le coût et la durée constituent la principale inconnue.
Pour les marchés, la conclusion reste celle des jours précédents : l’accord modifie la géopolitique pétrolière de long terme sans peser sur les cours de l’année en cours, que déterminent aujourd’hui la situation dans le Golfe et le trafic dans le détroit d’Ormuz.
LNT
