Politique

Participation électorale des femmes : Haro sur le clientélisme…

Par LNT
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En ce début de semaine, l’ADFM a rendu public un communiqué où elle exprime sa profonde inquiétude face aux orientations, indicateurs et pratiques qui se dessinent à l’approche des prochaines échéances électorales. Pour l’association, ces évolutions sont susceptibles de compromettre l’exercice, par les femmes, de leur droit à une participation politique libre, autonome et égalitaire.

Dans un premier lieu, l’ADFM tient à rappeler que, lors des débats consacrés à la réforme du cadre juridique régissant les élections, elle avait déjà alerté sur la nécessité de reconnaître et de criminaliser la violence politique à l’égard des femmes, et de mettre en place des mécanismes effectifs de prévention, de signalement, de protection et de recours.

Elle avait également appelé à instaurer des garanties juridiques et réglementaires permettant de prévenir toute instrumentalisation du processus de candidature et d’investiture à des fins d’exclusion, de pression ou de dissuasion des femmes, ainsi que toute subordination de leur droit d’accès aux institutions élues à des considérations financières, à l’influence, aux réseaux de pouvoir ou aux allégeances personnelles.

« Les informations et déclarations qui émergent aujourd’hui au sujet de la gestion des candidatures aux élections législatives viennent malheureusement conforter la pertinence de ces alertes. Elles imposent une vigilance accrue et appellent à la transparence, à la vérification rigoureuse des faits et à la reddition des comptes », dit-on auprès de l’ADFM, pour qui toute atteinte à l’intégrité du processus de candidature, toute pratique visant à exercer des pressions ou des violences à l’encontre des candidates, ainsi que tout comportement susceptible de compromettre l’égalité des chances entre les femmes candidates, doivent faire l’objet d’un examen sérieux et impartial et, lorsque les faits sont établis, donner lieu à l’engagement des responsabilités juridiques et administratives des personnes concernées.

Un « outil de reproduction »

L’ADFM souligne à cet effet que toute pratique faisant de la capacité financière, de l’influence ou de l’allégeance personnelle un critère déterminant pour accéder effectivement à la candidature, au détriment de la compétence, de l’intégrité et du parcours politique et militant, constitue une déviation de la fonction démocratique des partis et de la finalité des échéances électorales : « Il est inacceptable que le mécanisme créé pour lutter contre la discrimination se transforme en un outil de reproduction de celle-ci, ou que les 90 sièges réservés au renforcement de la représentation des femmes deviennent, au lieu d’un levier d’autonomisation politique, une ressource soumise à la logique de l’influence, de la capacité financière et des relations clientélistes. De même, toute exigence de contributions ou de charges financières, directes ou indirectes, effectivement liées à l’obtention de l’investiture, soulève une question démocratique d’une extrême gravité : le droit à la participation politique est-il désormais conditionné par la capacité de payer ? L’investiture partisane est-elle en train de passer d’une responsabilité politique à un privilège soumis à la logique de l’offre et de la demande ? », s’indigne l’ADFM.

La véritable autonomisation politique des femmes ne se mesure pas simplement au nombre de sièges qu’elles obtiennent, ni à l’inscription de leurs noms sur les listes électorales. Elle se mesure à l’existence de conditions réelles d’indépendance, de compétition équitable et d’accès égal aux ressources et à la décision politique. Les femmes élues ne sont pas un simple chiffre destiné à compléter les indicateurs de représentation. La parité n’est pas une opération comptable, et la discrimination positive n’est pas un privilège accordé aux femmes par les partis. Elle constitue un mécanisme destiné à corriger une inégalité historique et à permettre à la moitié de la société d’exercer pleinement son droit à la participation et à la prise de décision.

À partir de ce constat, l’Association considère que le marchandage des investitures et leur conditionnement à l’argent, à l’influence ou à l’allégeance constituent une grave atteinte aux principes de démocratie, d’égalité effective, d’égalité des chances et d’intégrité du processus électoral.

Elle exhorte les partis politiques à assumer leur responsabilité démocratique en adoptant des procédures transparentes, publiques et soumises à la reddition des comptes pour la sélection des candidates et des candidats, fondées sur la compétence, l’intégrité, le parcours politique et militant et l’engagement en faveur des causes de la société. Elle appelle également à garantir une égalité effective des chances dans l’accès aux ressources partisanes, financières, organisationnelles et médiatiques, afin d’empêcher que les disparités économiques ou l’influence ne deviennent un obstacle à la participation politique des femmes ou un critère permettant de contrôler leurs chances d’être candidates.

Tout en appelant les autorités compétentes chargées de superviser les opérations électorales à suivre toute pratique susceptible de porter atteinte à l’intégrité des candidatures et à l’équité de la compétition électorale, et à prendre les mesures prévues par la loi, elle demande aussi l’ouverture d’une enquête et d’une procédure sérieuse de reddition des comptes concernant toute déclaration documentée relative à la demande d’une contrepartie financière, directe ou indirecte, en échange de l’obtention d’une investiture…

H.Z

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