Niger : la mutinerie de Niamey matée avec l’appui des paramilitaires russes

Par LNT
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Des militaires ont pris les armes vendredi soir sur la base aérienne 101, attenante à l’aéroport de Niamey, avant que les combats ne gagnent samedi les abords du palais présidentiel et de la télévision d’État. Le pouvoir a repris le contrôle dans la soirée avec le concours de l’Africa Corps russe. Il s’agit du troisième épisode de ce type en 2026.

Les tirs ont débuté le vendredi 28 août au soir sur la base aérienne 101, composante militaire de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey. Des militaires y ont pris le contrôle d’installations et retenu des camarades, dans un enchaînement d’explosions et de tirs nourris.

Le mouvement s’est étendu le samedi matin aux abords du palais présidentiel et du siège de la télévision nationale, dont les programmes ont été temporairement interrompus. Le ministère de la Défense a reconnu la gravité de la situation dans l’après-midi. Le contrôle a été rétabli en soirée.

Les autorités ont fait état de dizaines de mutins capturés ou tués, sans communiquer de chiffre précis. Aucune formation politique ni structure organisée n’a revendiqué l’opération.

Le rôle des forces russes constitue l’élément déterminant de l’issue. L’Africa Corps, dont les effectifs déployés au Niger sont estimés entre deux cents et trois cents hommes, est passé d’une posture défensive à un appui offensif au sol et dans les airs auprès des unités loyalistes. L’ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, a indiqué que les mutins avaient été neutralisés notamment grâce à cette intervention.

Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du pays depuis le coup d’État de juillet 2023, est sorti du silence pour qualifier les événements de trahison.

Les motifs invoqués dans les rangs renvoient à une situation opérationnelle dégradée. Les militaires du rang se disent insuffisamment équipés et trop sollicités face à l’intensification des attaques jihadistes, qui frappent désormais des zones proches de la capitale. Il s’agit du troisième épisode de troubles enregistré autour du complexe aéroportuaire de Niamey depuis le début de l’année 2026, une récurrence qui signale un problème que la transition n’a pas traité.

L’épisode éclaire une dépendance devenue structurelle. En expulsant les forces françaises puis américaines, les régimes issus des coups d’État au Sahel ont substitué à leurs anciens partenaires occidentaux un dispositif russe dont l’engagement, jusqu’ici présenté comme un appui à la lutte antiterroriste, se révèle également déterminant dans la préservation du pouvoir en place face à sa propre armée.

L’Alliance des États du Sahel, qui réunit le Niger, le Mali et le Burkina Faso, a exprimé son soutien aux autorités nigériennes et qualifié les mutins de traîtres.

LNT

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