Carburants: le gasoil augmente encore, alors que le Brent a reculé de 5% en une semaine

Par LNT
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La révision du 1er septembre porte le gasoil en hausse de six centimes par litre, l’essence restant inchangée. La séquence intervient après un repli des cours internationaux du brut, le Brent ayant cédé 5,3% sur la dernière semaine d’août. L’écart entre le mouvement du baril et celui de la pompe nourrit à nouveau la controverse sur la formation des prix.

Les distributeurs ont procédé à la révision bimensuelle des prix à la pompe applicable à compter du 1er septembre. Le gasoil augmente de 0,06 dirham par litre. L’essence super sans plomb est épargnée par cette révision et demeure au niveau atteint à la mi-août.

La hausse est modeste dans son montant. Elle est en revanche contre-intuitive dans son sens, si l’on s’en tient à la seule lecture du marché pétrolier.

La dernière semaine d’août a été marquée par un net repli des cours. Le Brent a terminé autour de 89,10 dollars le baril, en recul de 5,3% sur la semaine, tandis que le WTI s’établissait à environ 82,89 dollars, en baisse de 4,3%. Le brut de référence était descendu jusqu’à 87,84 dollars le 26 août. Ce mouvement fait suite à deux semaines de forte progression, durant lesquelles le Brent avait gagné près de 13%.

L’explication de ce décalage tient d’abord à un principe de mécanique tarifaire régulièrement rappelé et rarement intégré dans le débat public : les prix marocains à la pompe ne sont pas indexés sur le baril de brut mais sur les cotations internationales des produits raffinés. Le gasoil et l’essence y forment deux marchés distincts, avec leurs propres équilibres d’offre et de demande.

Or les tensions sur l’approvisionnement en distillats moyens continuent de peser plus lourdement sur le gasoil que sur l’essence. Le contexte géopolitique y contribue directement : le conflit impliquant l’Iran a retiré du marché une part significative de l’offre mondiale, et le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un quart du brut échangé dans le monde, demeure perturbé.

S’y ajoute un décalage temporel. Les prix affichés à la pompe reflètent les cargaisons acquises plusieurs semaines auparavant, ce qui explique qu’un repli récent des cotations ne se traduise pas immédiatement à la station.

Ces explications techniques n’épuisent pas la question. Chaque révision ravive une controverse ancienne sur la répartition de la valeur entre le prix international, les taxes et les marges des distributeurs, portée par les associations de consommateurs et par une partie du champ politique. La transparence de la formation des prix reste, depuis la libéralisation du secteur, l’un des sujets sur lesquels l’information publique disponible demeure la plus limitée.

Le calendrier donne à cette révision une résonance particulière. Elle intervient à la veille de la rentrée scolaire, période de dépenses contraintes pour les ménages, et à trois semaines des élections législatives du 23 septembre, dans une campagne où le pouvoir d’achat s’annonce comme le premier thème de mobilisation.

LNT

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